Annexe 1 : Résumé des présentations

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Lancement d'un dialogue en vue de passer à l'action

Discours d'ouverture

Dyane Adam, commissaire aux langues officielles

Mme Dyane Adam a souhaité la bienvenue aux participants et adressé ses remerciements aux partenaires qui accueillaient le symposium - Canadian Parents for French, le ministère des Affaires intergouvernementales et le ministère du Patrimoine canadien. Elle a aussi remercié les nombreux orateurs invités et dévoilé une nouvelle affiche intitulée « Respect », la quatrième d'une série visant à promouvoir l'harmonie et le respect à l'égard des langues officielles du Canada.

Plus des trois quarts des Canadiens appuient le bilinguisme, reconnaissant ainsi l'importance de son apport pour l' avenir du pays. La promotion et l'atteinte du bilinguisme sont plus qu'une initiative du gouvernement; la société civile y joue un rôle vital. Les participants à ce symposium représentaient tous les segments de la société canadienne. On a fait appel à eux pour qu'ils partagent leurs visions personnelles, pour tirer profit des réussites et des expériences des autres et pour identifier des stratégies et des moyens d'atteindre l'objectif du gouvernement fédéral, qui est de doubler le nombre de diplômés bilingues d'écoles secondaires d'ici 2013.

Orateur principal

Son Excellence John Ralston Saul, fondateur et président honoraire de l'association Le français pour l'avenir

« En ce qui a trait au bilinguisme, le Canada se situe à un point tournant », a dit Son Excellence. Au cours des 30 dernières années, le Canada a mis en place des structures qui l'ont transformé du point de vue linguistique. Cette première phase remarquablement réussie est maintenant terminée, de sorte qu'on compte un demi-million d'enfants bilingues à l'extérieur du Québec. Il s'agit là d'un moment crucial pour les Canadiens, qui doivent maintenant se donner un plan pour le « deuxième acte », sans quoi ils risquent de perdre une grande partie des gains réalisés.

Il est important de reconnaître qu'il n'est pas nécessaire que chaque personne devienne bilingue, mais qu'il faut créer une masse critique faite d'auteurs, de dramaturges, de gens d'affaires et d'autres, et non seulement de représentants du gouvernement. Cette masse critique est essentielle pour des fins internes autant que dans une perspective internationale.

Tous les Canadiens devraient avoir la possibilité de devenir bilingues, afin que le pays puisse bénéficier de l'intelligence et de l'expérience de tout son peuple. Toutefois, l'accès universel à des programmes de langue seconde se heurte à une multitude de problèmes pratiques, par exemple le manque d'enseignants. « Dans le monde moderne, le multilinguisme est là pour rester, a dit M. Saul. C'est une grave erreur que de penser que nous pouvons nous contenter de l'anglais à cause de notre voisin du sud. »

L'un des obstacles qui nous empêchent de devenir une nation bilingue est le manque de compréhension de la valeur réelle que constitue la maîtrise d'une langue seconde. Les gens sont devenus obsédés par les aspects politiques du bilinguisme, et ne se sont pas rendu compte des avantages économiques de posséder une langue seconde dans le marché mondial actuel.

L'un des buts de l'apprentissage de la langue seconde est de cultiver le biculturalisme, et cela doit être établi clairement auprès des leaders du domaine de l'éducation. « La langue est un sac rempli de culture, a dit M. Saul. Sans culture, le sac est vide. » La promotion du biculturalisme est un élément clé de la prochaine phase de l'établissement du bilinguisme au Canada. Les jeunes gens bilingues que M. Saul rencontre dans ses déplacements partout au pays sont de plus en plus intéressés à apprendre, sont plus curieux et plus renseignés que leurs homologues unilingues.

Le milieu des affaires au Canada a besoin de plus d'encouragement pour intégrer le bilinguisme à ses opérations. Le Canada est entré avec succès dans le marché des États-Unis et doit maintenant se faire une place dans les milieux commerciaux du reste du monde. Une des raisons pour lesquelles les entreprises de Montréal sont florissantes est leur capacité de comprendre la façon de penser de différentes cultures. Par contre, les entreprises unilingues ont tendance à croire que tout le monde pense de la même façon qu'elles.

L'objectif du gouvernement fédéral, qui est de doubler le nombre de diplômés bilingues des écoles secondaires d'ici 2013 ne se réalisera pas à moins que ne soit corrigée et renversée la diminution actuelle de l'apprentissage de la langue seconde à mesure que les étudiants progressent dans le cours secondaire.

L'un des facteurs qui contribuent à dissuader les étudiants de continuer en langue seconde à l'école secondaire est le système de semestres qui prévaut dans certaines provinces comme l'Ontario et l'Alberta. C'est un problème que d'étudier une langue pendant un semestre puis de cesser pendant trois à six mois. La plus grande partie du progrès accompli sera perdue si on ne pratique pas la langue pendant un certain temps. Il faut s'attaquer à ce problème qui fait qu'un grand nombre de jeunes se découragent de poursuivre leurs études en langue seconde.

Un autre obstacle est le manque de possibilités qu'ont les étudiants de poursuivre l'étude du français langue seconde (FLS) dans les institutions postsecondaires. Les universités sont remplies de bonne volonté, a dit M. Saul, et il y a peut-être de 10 000 à 20 000 places pour des études de FLS au niveau postsecondaire à l'extérieur du Québec. Cependant, chaque année, pas moins de 50 000 élèves bilingues sont diplômés des écoles secondaires canadiennes. M. Saul a nommé plusieurs universités qui ont augmenté leur offre de cours et de programmes en langue française. Cela est encourageant, mais il faut que les efforts des universités et des collèges soient appuyés.

Si l'on pouvait offrir tout l'éventail des services bilingues partout au Canada, les jeunes auraient plus de choix pour planifier leur avenir. « Nous devons être inventifs, a dit M. Saul. Il nous faut trouver ce qui fonctionne avec les jeunes partout au pays. Si le bilinguisme n'est rien d'autre qu'une affaire d'argent, ça n'ira nulle part. »

M. Saul a alors soulevé brièvement un certain nombre de points qu'il a soumis à la considération de l'auditoire :

  • À mesure que la génération actuelle prend la retraite, 30 000 postes d'enseignement s'ouvriront au niveau postsecondaire, ce qui représentera une excellente occasion d'emploi pour des personnes bilingues. Voilà une façon d'introduire le biculturalisme en même temps que le bilinguisme. L'histoire canadienne, par exemple, devrait être enseignée dans les deux langues officielles.
  • En tant que pays, le Canada a l'obligation de donner aux jeunes des occasions d'étudier des matières dans les deux langues officielles.
  • Certaines universités, comme McGill et Concordia, permettent aux étudiants de faire leurs examens dans la langue de leur choix. Cette possibilité devrait s'étendre à d'autres institutions.
  • Il faut faire un inventaire des facultés d'enseignement actuelles et du personnel des institutions postsecondaires. Plusieurs universités ne savent pas quelles ressources elles ont dans leur propre cour.
  • L'étendue des services bilingues pourrait être agrandie s'il y avait plus de liens entre les collèges et les universités.
  • Il va falloir une énorme quantité de travail pour améliorer la diffusion de l'information sur les possibilités postsecondaires en FLS et l'accès à ces études. Dans bien des cas, elles existent, mais les étudiants ne sont pas au courant.
  • Il faut accepter le fait que le français au Canada n'est pas le même qu'en France, et que l'enseignement du FLS au Canada ne doit pas être dominé par la manière européenne.
  • Une restructuration de la première année d'université permettrait d'utiliser le premier semestre pour raffiner les habiletés des étudiants en FLS et de les préparer à suivre des cours de niveau postsecondaire en français.
  • Pour renforcer le pouvoir du Canada sur la scène internationale, le bilinguisme doit continuer à progresser.
  • Environ 60 p. 100 des écoles au Canada ont maintenant des bibliothécaires à temps partiel plutôt qu'à plein temps. Cette restriction à l'accès aux ressources des bibliothèques cause des dommages énormes à l'expansion du bilinguisme dans les écoles.
  • Les langues autochtones sont en grand danger; il en disparaît jusqu'à 50 dans l'espace de quelques années. On devrait mettre à contribution la connaissance et l'expérience qu'ont acquises les francophones hors Québec et les anglophones qui ont bénéficié du système d'immersion en français pour aider les Premières nations dans leur lutte pour préserver leurs langues.

« En conclusion », a dit M. Saul, « l'atmosphère des dernières années du cours secondaire doit changer. Pour réaliser cela, l'atmosphère au niveau postsecondaire doit changer aussi. Le bilinguisme et le biculturalisme doivent occuper une place de plus en plus grande dans les universités et dans les collèges canadiens. Sans cela, ce sera 30 ans de progrès en bilinguisme de perdus ».

Établir des preuves convaincantes ensemble

Bienvenue

L'animateur du symposium, Daniel Normandeau, a souhaité la bienvenue aux participants et a ouvert la session par la présentation d'une vidéo. Il a présenté les réponses des jeunes à des questions comme « Aimeriez-vous apprendre le français? », « Qu'est-ce que vous diriez à quelqu'un qui ne veut pas apprendre le français? » et « Pouvez-vous nommer une personne française célèbre? » En général, les réponses étaient favorables à l'idée d'apprendre le français.

M. Normandeau a précisé que la question essentielle sur laquelle les participants devaient se pencher était la suivante : « Maintenant que nous savons ce que nous savons, quelles stratégies indispensables devons-nous adopter chacun dans notre milieu? » Il a invité les participants à exprimer leurs attentes par rapport au symposium. Parmi les réponses, on a mentionné la nécessité de créer des réseaux, le besoin des jeunes d'être entendus et la nécessité de considérer le multiculturalisme.

Mme Dyane Adam, commissaire aux langues officielles, a présenté l'honorable Denis Coderre, alors président du Conseil privé de la Reine pour le Canada, interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, ministre responsable de la Francophonie et ministre responsable de la résolution des questions des pensionnats indiens.

Discours d'ouverture

M. Coderre a rendu hommage à l'honorable Lyle Oberg, ministre de l'Apprentissage de l'Alberta, pour ses initiatives en matière d'apprentissage de la langue seconde. Il a fait remarquer que « les deux langues sont une partie de notre identité » et qu'il y a des gens qui parlent français partout au Canada. Il a aussi indiqué que, plutôt que de parler de détails comme le financement, il voulait mettre l'accent sur la culture et l'identité.

M. Coderre a fait valoir l'importance de servir le public en français et en anglais, et a ajouté que le Canada doit se donner « des moyens pour que chacun partage les langues ». L'apprentissage des langues est aussi important que la formation professionnelle. Faisant référence à la Francophonie, qui était l'une de ses responsabilités officielles, il a fait remarquer que le Canada est différent des autres pays en raison de sa diversité et de son bilinguisme : « Le Canada est crédible à cause du bilinguisme ». Le fait d'avoir accès à la Francophonie est un avantage. Faisant encore référence à ses anciennes responsabilités officielles, M. Coderre a mentionné la nécessité de promouvoir le bilinguisme auprès des Premières nations.

Le gouvernement du Canada doit donner le ton. Trente-huit pour cent des postes de la fonction publique sont bilingues et, de même que pour les tests de bilinguisme, il doit y avoir un suivi et une évaluation pour « instaurer la vision ».

Il faut donner aux jeunes de l'espoir et de l'encouragement. Le message est : « Le bilinguisme est un avenir vivant ». Il faut une stratégie de communication. Les jeunes doivent avoir des modèles à imiter. Pour répondre à ces besoins, les Canadiens doivent travailler ensemble. Le symposium donne de l'espoir; c'est une « trousse de survie ».

En conclusion, M. Coderre a insisté pour dire que le bilinguisme est une question de volonté. « Si le bilinguisme doit fonctionner, c'est à nous de voir à ce que cela arrive ».

Mme Adam a remercié le ministre, et a de nouveau insisté sur la nécessité de la « volonté ». Elle a ensuite présenté l'honorable Lyle Oberg.

Le COMMENT de l'apprentissage des langues

Apprendre une langue seconde en Alberta

L'honorable Lyle Oberg, ministre de l'Apprentissage de l'Alberta, a d'abord mentionné qu'il est lui-même unilingue, mais qu'il veut que ses enfants, de même que les autres enfants de l'Alberta, soient bilingues. Il s'est dit d'accord sur le fait qu'il faut une volonté politique, et a ajouté : « En Alberta, cette volonté existe. »

Au début des années 1990, le nombre d'élèves inscrits aux programmes d'enseignement bilingue a commencé à décliner. Après être devenu ministre en 1998, il a cherché à savoir ce que les citoyens de l'Alberta pensaient de cette tendance. Il a constaté que les Albertains savent que le bilinguisme est important pour le commerce et pour la culture, et 99 p. 100 des gens à qui il a parlé dans sa communauté voulaient que leurs enfants apprennent une deuxième langue.

L'apprentissage d'une langue deviendra obligatoire dans les écoles de l'Alberta. On vise à amener les étudiants à un niveau de connaissance intermédiaire à compter de la 12e année. Au caucus de l'Alberta, la législation au sujet de la langue seconde a été acceptée à des degrés divers; le ministre a noté que « ce qui a fait pencher la balance est la mondialisation ». C'est un fait reconnu que les langues secondes sont une nécessité dans le domaine du commerce international.

La grande difficulté se trouve dans les petites écoles rurales. Une connexion Internet à large bande entre toutes les écoles de l'Alberta permettra aux secteurs ruraux d'avoir accès à des professeurs qualifiés, ce qui donnera à tous les enfants de l'Alberta la même possibilité d'apprendre.

Le français est important, mais d'autres langues telles que le cri, le mandarin, l'espagnol ou l'allemand seront aussi au programme. C'est une tâche très exigeante, mais, ainsi qu'il l'a demandé : « Pouvons-nous nous permettre de NE PAS apprendre une deuxième langue? En Alberta, la réponse est non. »

L'acceptation des deuxièmes langues est une question d'une importance primordiale, conclut M. Oberg. Il faut que la volonté politique soit présente. En Alberta, la situation évolue dans ce sens.

Une perspective de recherche sur le bilinguisme
Sharon Lapkin, professeur, Éducation, Institut d'études pédagogiques de l'Ontario (Université de Toronto)

Mme Sharon Lapkin a souligné que le Canada a joué un rôle de leader en matière de recherche sur le français langue seconde. Pendant 40 ans, cette recherche a clairement démontré qu'il est nécessaire que « le français soit réel ». Beaucoup d'étudiants ont abandonné le français parce qu'ils se sont découragés, et ce sentiment est partagé par les professeurs de français.

Pour l'apprentissage du français, l'attitude de l'entourage et celle de l'école sont importantes. Mme Lapkin a mentionné les attitudes négatives des étudiants dans une étude de la communauté rurale. Pour changer les attitudes, il faut mettre en valeur les avantages de l'apprentissage du français, établir des partenariats pour éviter d'isoler le français et bien faire comprendre aux élèves que l'apprentissage d'une langue est difficile.

Dans une étude menée dans un grand centre urbain, on a constaté que les élèves en anglais langue seconde (ALS) étaient plus motivés à apprendre le français que ceux qui n'étudiaient pas l'ALS. Les premiers peuvent servir de modèles aux seconds. Les élèves au programme d'immersion en français sont plus motivés que les élèves des programmes généraux de français. On ne sait pas encore si les attentes à l'endroit des élèves des programmes généraux de français sont réalistes.

Mme Lapkin a insisté sur l'importance de faire du français quelque chose de « réel ». Elle a suggéré d'utiliser les ressources du milieu, d'intégrer le français à d'autres matières et de susciter des rencontres entre les élèves qui apprennent le français et les élèves francophones, par exemple par des échanges scolaires. On peut aussi utiliser la technologie de l'ordinateur, comme le courriel et l'aide d'Internet. Il faut pour cela des ressources et des professeurs qualifiés.

Mme Lapkin a conclu en disant que ce défi peut être relevé, puisque la volonté politique existe.

Partage de l'expérience réussie de la commission scolaire publique d'Edmonton
Stuart Wachowicz, directeur des programmes, Centre d'éducation

M. Stuart Wachowicz a d'abord remercié le Commissariat aux langues officielles d'avoir appuyé son projet. Il a souligné que, de 1992 à 2003, le nombre d'élèves qui apprenaient le français en Alberta allait en diminuant (35 p. 100 de moins en immersion en français et 37 p. 100 de moins dans les programmes de français langue seconde). On a tenté, par un examen multidimensionnel, de trouver comment améliorer les programmes de langue seconde et inciter les élèves à demeurer dans ces programmes. Certaines des recommandations de l'examen visaient à former un vaste comité consultatif des langues, à s'ajuster aux mesures internationales, à consacrer un minimum de temps à l'enseignement, à augmenter le développement professionnel et à promouvoir l'apprentissage du français.

Les écoles publiques d'Edmonton ont consacré 400 000 dollars par année pendant trois ans pour renouveler le programme de français. On visait à doubler le nombre d'inscriptions en français en 2007. Ce but va être atteint en 2006.

Il était important de mettre en place un moyen de mesurer le degré de maîtrise des élèves, et aussi de travailler avec des francophones, d'élaborer des programmes d'enseignement et d'obtenir des ressources d'apprentissage supplémentaires. Après douze ans de diminution, le nombre d'inscriptions aux programmes de français a augmenté à la fin de la première année du projet. Avec la mise en place de normes d'évaluation, le niveau de confiance des élèves a augmenté, de même que le moral des enseignants. Le projet, qui en est à sa deuxième année, prend de l'expansion et va atteindre ses objectifs. Selon M. Wachowicz : « Cela va aider les étudiants et le Canada. »

Wally Lazaruk, consultant principal, Evaluation Plus Inc.

M. Wally Lazaruk a décrit comment les tests de la Commission de la fonction publique du Canada (CFP) sont utilisés en Alberta.

Il a expliqué qu'une partie du projet de renouvellement du programme de langue française de l'Alberta visait à harmoniser les buts du projet avec les résultats à l'échelle provinciale, nationale et internationale. On a décidé d'appliquer à des finissants de 12e année en Alberta les lignes directrices de la CFP pour les candidats bilingues à des postes de la fonction publique. Quatre-vingt quinze élèves se sont portés volontaires pour subir les tests. Laplupart ont atteint le niveau B (intermédiaire), aucun n'a reçu moins qu'un A (débutant) et quelques-uns ont obtenu une exemption (c'est-à-dire un degré très élevé de maîtrise de la langue). Pour la deuxième partie de l'étude, on procédera plus au hasard et on tiendra compte de facteurs tels que les contextes rural/urbain et les qualifications des enseignants. L'Alberta est un cas-type pour l'utilisation des normes de la CFP partout au Canada. Les résultats des tests de la CFP ont été pour les étudiants un encouragement et une reconnaissance de même qu'un point de repère pour évaluer leur connaissance.

Vue de la salle de classe—le point de vue d'une enseignante
Susan Forward, présidente sortante de l'Association canadienne des enseignants de langue seconde, enseignante au programme de base et à l'immersion en français (7e, 8e et 9e années) et directrice adjointe au Brother Rice Junior High School, District scolaire Avalon Est (St. John's, Terre-Neuve-et-Labrador).

Mme Susan Forward a présenté une « vue de la salle de classe » et a mentionné qu'elle avait trois points principaux à soulever.

En premier lieu, la nécessité de se concentrer sur les programmes de base en français, étant donné que c'est là que 90 p. 100 des élèves acquièrent leur expérience du français langue seconde. Tous les élèves du Canada devraient continuer d'étudier le français jusqu'à la fin de leur scolarité. Le français ne devrait pas être obligatoire; les cours de français devraient plutôt répondre aux besoins des élèves. À l'échelle nationale, le français fait partie du programme de 16 p. 100 des élèves qui obtiennent leur diplôme. La conclusion à tirer, selon elle, est que les cours ne répondent pas aux besoins des élèves. Ce problème fait l'objet d'une étude dans les provinces de l'Atlantique.

« Chaque élève a le droit d'apprendre la seconde langue officielle », a affirmé Mme Forward. D'après les élèves, il faudrait mettre l'accent sur la communication orale. Un cours de cette sorte est en préparation.

Son deuxième point était « la nécessité de souligner les réussites des étudiants ». Les résultats du sondage indiquent que, pour 40 p. 100 des élèves, le cours de français est le cours le plus important. Si le bilinguisme a une telle importance, le français mérite qu'on lui accorde un meilleur statut. Un certificat, ainsi que l'appui des milieux des affaires et des sports ainsi que des médias, seraient des façons d'accorder de la reconnaissance aux étudiants qui terminent le programme de base en français : à la remise des diplômes, ils pourraient recevoir un certificat pour l'apprentissage du français en plus d'un diplôme d'études secondaires.

Le troisième point de Mme Forward était que les provinces et les associations pour les langues secondes devraient travailler de concert et offrir du perfectionnement professionnel aux enseignants, qui ont besoin de soutien. Pour que tous les élèves réussissent, il faut apporter des changements à l'enseignement, à l'approche et au contenu.

Points de vue du monde des affaires et de l'économie

Michael Goldbloom, éditeur adjoint, Toronto Star

Bien que le niveau de bilinguisme soit élevé comme il ne l'a jamais été, dit M. Michael Goldbloom, la plupart des Canadiens vivent dans un milieu unilingue et n'ont aucun contact avec l'autre langue officielle. La plupart des gens croient encore que l'anglais est la langue universelle, bien qu'il y ait encore un Canadien sur six qui ne comprenne pas bien l'anglais. Il y a donc, d'un point de vue économique, un avantage à apprendre le français.

À cause de son caractère bilingue, le Canada est en position de tirer un avantage économique de ses relations internationales et de son commerce international. On en voit la preuve à Montréal, qui a attiré plusieurs organismes internationaux à cause de son bilinguisme. L'acquisition d'une troisième langue est beaucoup plus facile que l'apprentissage d'une deuxième langue, ce qui prédispose les jeunes Canadiens à devenir multilingues. L'apport de l'immigration ne fera qu'améliorer ce processus. Une population bilingue ou multilingue donnera aussi au Canada un avantage économique sur son voisin unilingue du sud.

Le fait d'être bilingue a été un élément primordial dans la carrière de M. Goldbloom, à partir de sa nomination comme chef de la direction du YMCA jusqu'à son poste d'éditeur de la Gazette de Montréal. Selon M. Goldbloom, « au Canada, le journalisme est un domaine où le bilinguisme constitue un net avantage ». Au cours des dernières années, alors qu'il est devenu plus coûteux de garder des bureaux à l'étranger, les correspondants bilingues représentent une valeur économique, et la CBC et Radio-Canada en particulier ont profité de cet avantage. « Au Toronto Star, le bilinguisme est un facteur qui entre en jeu dans les décisions d'embauche, affirme M. Goldbloom. Un candidat bilingue est beaucoup plus intéressant, si on considère les perspectives de carrière. » Le bilinguisme va continuer de croître parmi les jeunes Canadiens et dans les entreprises canadiennes.

Peter Robinson, président, Mountain Equipment Co-op

Mountain Equipment Co-op (MEC), fondée en 1971, opère dans un créneau de marché bien précis, les aventures autonomes de plein-air. On ouvre de nouveaux magasins quand une masse critique de membres forme une collectivité. M. Peter Robinson a fait part de l'expérience de sa compagnie à s'étendre au Québec. Bien qu'une très forte concentration de membres se situe au Québec, c'est un des derniers endroits où on a ouvert un magasin, parce qu'on craignait qu'il soit trop complexe d'introduire une deuxième langue à une entreprise fondée sur la côte ouest.

La stratégie adoptée par MEC a été d'ouvrir un magasin francophone à Montréal. En l'espace de 18 mois, un de ses plus grands magasins était construit et le personnel embauché. Tous les documents de publicité écrite, représentant 700 000 mots, ont dû être traduits et imprimés en français. On estime le coût du projet à environ 2 millions de dollars, mais à peine un an après son ouverture, le magasin de Montréal a atteint ses objectifs pour ce qui est des ventes et de l'augmentation de son nombre de membres. Depuis ce temps, MEC a publié un catalogue en français, a transformé son magasin d'Ottawa en un magasin bilingue et a commencé à travailler sur un projet de magasin à Québec.

Selon M. Robinson, lorsqu'elle considère le bilinguisme, toute entreprise doit se demander s'il s'agit d'une bonne occasion d'affaires. Pour MEC, le fait de desservir la communauté francophone signifie une augmentation du chiffre d'affaires et du nombre de membres.

Selon M. Robinson, le fait d'introduire un élément nouveau dans l'organisation a eu, entre autres, comme effet intangible de générer un enthousiasme incroyable. Les membres francophones ont maintenant accès à des guides et à des manuels d'instruction en français qui n'étaient pas disponibles auparavant. Des fournisseurs désireux de vendre dans le marché du Québec sont aussi venus demander l'aide de MEC.

M. Robinson a émis l'avis qu'il préférerait embaucher des personnes déjà bilingues plutôt que de recevoir des subventions du gouvernement pour des programmes de formation. Le fait de pouvoir disposer d'un bassin de candidats bilingues lui permettrait de choisir les personnes les plus douées et de les placer aux premiers rangs de l'organisation. À l'intention des membres du milieu des affaires présents dans l'auditoire, il a ajouté ceci : « Ne laissez pas la crainte vous retenir. Parfois, pour apporter du changement, il faut créer un peu d'inconfort. »

Points de vue des arts, de la culture et des sports

Richard Pound, président, Agence mondiale antidopage, chancelier de l'Université McGill

La capacité de parler une langue assez bien n'est pas une grande réussite, selon M. Richard Pound. En fait, il rencontre souvent des gens qui croient que c'est un signe de faiblesse intellectuelle que de parler seulement deux langues. Lors de rencontres internationales, il est essentiel de pouvoir converser aussi bien à l'extérieur de la salle de réunion qu'à l'intérieur.

Le bilinguisme ouvre le pays, dit M. Pound. « On ne peut pas comprendre la Canada en une seule langue. Nous devrions cesser de parler du français comme d'une langue qu'il faut protéger. Nous devrions en faire la promotion, la rendre passionnante. »

À l'Université McGill, on enseigne le droit civil et la common law dans les deux langues officielles. C'est pourquoi des bureaux d'avocats situés dans des villes comme Londres, New York et Tokyo recrutent des étudiants de McGill : à cause de leurs capacités bilingues.

Jacques Bensimon, commissaire, Office national du film du Canada

L'instauration du bilinguisme à l'échelle nationale au cours des quelque 30 dernières années a connu beaucoup de succès, dit M. Bensimon, mais il reste encore à stimuler le bilinguisme individuel. « Nous savons que le statu quo n'est pas une avenue possible, a-t-il dit. Nous savons que le bilinguisme n'est que la pelure de surface de l'oignon. En dessous, on retrouve le biculturalisme et encore au-dessous, la diversité multiculturelle. »

Le génie du Canada est que sa culture change constamment. L'apprentissage d'une langue seconde est un geste puissant et un signe d'engagement envers le Canada, à condition que ce soit volontaire et non imposé par la force.

Le bilinguisme est une des valeurs fondamentales de l'Office national du film du Canada (ONF), affirme M. Bensimon. L'ONF travaille avec des cinéastes anglophones et francophones; l'un des rôles principaux de l'ONF est d'agir comme un incubateur de nouveaux cinéastes de toutes nationalités.

D'autres pays s'inspirent du Canada. En tant que modèle de diversité, le Canada symbolise l'espoir pour la prochaine génération. La question est de savoir comment les Canadiens peuvent travailler ensemble à construire une société qui prône la tolérance et la compassion.

M. Bensimon a partagé plusieurs idées avec l'auditoire :

  • Le Canada doit être uni par des valeurs communes. La forme d'art qui a le plus grand potentiel pour réussir cela est le cinéma.
  • Des entreprises culturelles comme le Cirque du Soleil ont connu de grands succès. Est-ce que cet enthousiasme peut s'étendre à tout le pays?
  • Les documentaires sont la forme de visionnement préférée de beaucoup de jeunes Canadiens, précédés seulement par les films produits à Hollywood. Il existe une possibilité de bâtir sur cette base solide.
  • On peut utiliser l'Internet comme lieu d'échange de données ou de dialogues, pour héberger des débats ou discuter de questions diverses. On peut montrer des films sur des sites Web : il existe un public pour des films qui ne proviennent pas des grands studios d'Hollywood. La technologie numérique diminue considérablement les coûts.
  • Pour les jeunes, la télévision est un médium important. On pourrait établir pour eux un réseau bilingue qui utiliserait des sous-titres dans toute sa programmation. On pourrait diffuser des films faits par des jeunes, qui refléteraient la complexité du Canada.

Isabel Bassett, présidente-directrice générale, TVOntario

La culture et l'éducation sont liées de façon inextricable, dit Mme Isabel Bassett, et il faut apprendre une langue aussi bien à l'extérieur de la salle de classe qu'à l'intérieur.

TVOntario (TVO) comprend deux réseaux de diffusion et une division d'enseignement à distance. Les trois divisions ont une programmation en français. TVO espère démontrer sa détermination à promouvoir le bilinguisme en Ontario et examine ce qu'elle pourrait faire de plus pour enseigner et promouvoir la culture et la langue françaises.

Plus d'un million d'Ontariens parlent le français, a précisé Mme Bassett, mais moins du quart d'entre eux sont francophones. La télévision est le moyen le plus répandu et populaire de livrer un contenu, ce qui donne à TVO une occasion de premier ordre de promouvoir le français.

TVO envisage d'instaurer une programmation pour les enfants d'âge préscolaire qui vont entreprendre la prématernelle en immersion. Une série d'émissions à l'intention de la clientèle de la première à la 5e année viendra renforcer l'initiative du niveau préscolaire. L'enseignement à distance est déjà offert aux élèves de FLS de la 10e année et le sera bientôt à ceux de la 9e. TFO, le réseau francophone de TVO, est à élaborer un programme de langue pour aider les parents anglophones des élèves en immersion dans le but de renforcer l'apprentissage du français à l'extérieur de la salle de classe. Un partenariat a été créé récemment entre TVO et Canadian Parents for French.

Allocution présentée par l'honorable Pierre Pettigrew, alors ministre de la Santé, ministre des Affaires intergouvernementales et ministre responsable des langues officielles

M. Pierre Pettigrew a livré trois messages clés concernant les deux langues officielles du Canada. Il a d'abord rappelé l'engagement du gouvernement du Canada de mettre en application le Plan d'action pour les langues officielles, dévoilé en mars 2003, et d'en réaliser les objectifs ambitieux. Le Plan d'action constitue le prochain acte de l'aventure du Canada en matière de dualité linguistique.

En second lieu, la société civile, y compris les représentants des communautés, doit s'impliquer dans la réalisation des ambitieux objectifs du Plan, telle l'augmentation du nombre de jeunes personnes bilingues. Troisièmement, il faut mettre en valeur la contribution importante du bilinguisme pour renforcer l'avenir du Canada.

L'un des signes évidents de l'engagement du gouvernement fédéral envers le Plan d'action est la nomination, pour la première fois dans l'histoire du Canada, d'un ministre responsable des langues officielles. Le discours du Trône contient des messages au sujet du bilinguisme, affirmant que la dualité linguistique est au cœur de l'identité canadienne et qu'elle ouvre des portes à sa population. M. Pettigrew a confirmé l'engagement du gouvernement fédéral à l'égard du financement alloué au Plan d'action pour les langues officielles.

M. Pettigrew a affirmé qu'il est très conscient de l'importance des relations intergouvernementales dans la réussite du Plan d'action, car l'éducation relève des gouvernements provinciaux et territoriaux. Il a confirmé que des fonds de 346 millions de dollars voués à l'éducation seraient transférés aux gouvernements provinciaux et territoriaux sur une période de cinq ans. Des mesures d'évaluation du rendement seront instaurées pour permettre au gouvernement fédéral de suivre les progrès.

L'intérêt des Canadiens pour l'apprentissage du français se heurte à deux obstacles majeurs. D'abord, on n'a pas établi de lien efficace entre l'école secondaire et l'université. Les élèves ont trop peu de possibilités d'étudier en français au niveau postsecondaire, avec pour conséquence que des élèves qui sont bilingues lorsqu'ils terminent leurs études secondaires perdent graduellement leur capacité de converser dans les deux langues.

Le deuxième obstacle est qu'il n'y a pas assez d'heures consacrées à l'enseignement du FLS dans les écoles. On planifie des consultations nationales entre les parties intéressées au FLS et Canadian Parents for French pour élaborer des stratégies nationales basées sur les recommandations des régions.

Le bilinguisme est souvent défini en termes strictement canadiens, mais l'apprentissage d'une langue seconde permet d'apprécier une autre culture ainsi que des valeurs et des modes de vie différents et, en général, élargit les horizons. Ce sont là des qualités dont les jeunes Canadiens auront besoin pour se tailler une place dans le marché mondial actuel. « L'esprit est comme un parachute, a dit M. Pettigrew, il fonctionne mieux quand il est ouvert. »

Depuis le début, le Canada a refusé de se bâtir autour d'une seule langue, d'un seul système juridique ou d'une seule culture. Les valeurs de tolérance sont toujours au cœur de l'identité canadienne et les Canadiens doivent être fiers de leur formule de mosaïque. L'héritage du Canada lui a valu un respect très étendu parmi les nations du monde.

Pour les Canadiens, le défi consiste à s'assurer que les bonnes intentions au sujet de la promotion du bilinguisme vont avoir du succès. En travaillant ensemble, les Canadiens peuvent garantir que chaque enfant aura l'occasion d'apprendre une deuxième langue officielle.

(Les discoursSite du gouvernement de l'honorable Pierre Pettigrew se trouvent sur le site Web.)

Vivre dans les deux langues : défis et stratégies

Trois groupes de travail se sont réunis pour définir les défis à relever et élaborer des stratégies dans les domaines de l'éducation, des affaires ainsi que des arts, de la culture et des sports qui pourraient contribuer à réaliser la Vision pour 2013 du gouvernement fédéral en matière de langues officielles. Les porte-parole de chaque champ d'activité ont présenté leur rapport en plénière le lendemain matin. On peut trouver les détails de chaque discussion à l'annexe 2 : Groupes de travail - Vivre dans les deux langues : défis et stratégies.

Aller de l'avant

Allocution présentée par l'honorable Madeleine Meilleur, ministre de la Culture, ministre déléguée aux Affaires francophones, Ontario

Mme Madeleine Meilleur a dit qu'elle considérait la conférence comme un succès retentissant, qui démontrait que le bilinguisme dépasse la réalité de la salle de classe. Mme Meilleur est une francophone qui vit à l'extérieur du Québec et qui fait partie des millions de Canadiens qui démontrent comment l'expérience du bilinguisme a fonctionné. Les gens qui vivent dans ce pays ont une culture et une société plus riches à cause de la Loi sur les langues officielles. Le Canada a entrepris il y a 30 ans une transformation en profondeur dont les résultats ont été tout à fait positifs. Plus de deux millions d'anglophones se disent bilingues; voilà quelque chose qui distingue le Canada des autres pays.

Cependant, il y a encore du travail à faire. Le fait que Mme Meilleur ait des contreparties dans toutes les provinces sauf au Québec est révélateur. Cela indique que le tissu de la société canadienne n'est pas entièrement imprégné de bilinguisme, ce qui est normal, vu que la société ne travaille sur ce point que depuis 30 ans. Mme Meilleur a dit que, bien qu'il n'y ait pas là de quoi avoir honte, il ne faut pas l'ignorer. Les communautés francophones hors Québec ont encore besoin de se battre; le cas de l'Hôpital Montfort en est un bon exemple. Il est toujours plus facile d'être francophone au Québec qu'à l'extérieur du Québec; voilà pourquoi le gouvernement de l'Ontario s'est engagé à effectuer un véritable changement positif dans la vie des francophones de la province.

Le gouvernement ne doit pas se contenter de préserver le bilinguisme; il doit en élargir la portée et convaincre la population de l'importance des gens qui parlent français et anglais dans l'économie. Selon Mme Meilleur, il est capital de promouvoir le dialogue et la consultation ouverte avec tous les niveaux de gouvernement, les parties intéressées et les personnes francophones de même qu'avec les gens qui croient au multiculturalisme. Elle a dit qu'elle avait rencontré M. Benoît Pelletier, ministre délégué aux Affaires intergouvernementales et aux Affaires autochtones pour le Québec, et qu'elle avait promis que l'Ontario deviendrait membre de la Francophonie, la plus grande et la plus influente organisation francophone et une fenêtre sur l'univers francophone.

Elle a dit que le Québec et l'Ontario commenceraient à échanger et à coordonner leurs efforts en partageant plus souvent les ressources qu'ils possèdent déjà. Mme Meilleur a terminé en félicitant les Canadiens de tout le pays qui se sont efforcés de tirer pleinement avantage des réalisations du bilinguisme officiel en faisant la promotion d'un dialogue ouvert ainsi que de l'usage du français et de l'anglais partout où c'est possible.

Mme Dyane Adam a remercié Mme Meilleur en soulignant l'importance de donner à la population de l'Ontario une chance de participer au bilinguisme. C'est la province la plus peuplée du pays et donc un joueur clé pour réaliser l'objectif fédéral de doubler le nombre de jeunes personnes bilingues au cours de la prochaine décennie. Pour atteindre ce but, il faudra beaucoup de collaboration intergouvernementale. Mme Adam a reconnu que le travail des ministres ne faisait que commencer.

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