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Infoaction, décembre 1999, volume 5, no 2


Rédactrice en chef : Lyne Ducharme
Rédaction : Monique Cousineau
Révision : Christine Deeble
Infographie : David Roach et Thérèse Boyer

Édifice du Canada
344, rue Slater
3e étage
Ottawa (Ontario) K1A 0T8
Téléphone sans frais : 1 877 996-6368
Télécopieur : (613) 943-2255
ISSN 1203-0996
Courrier électronique : message@ocol-clo.gc.ca


LA RÉFLEXION EST AU RENDEZ-VOUS

Dyane Adam

INFOACTION me donne l'occasion de saluer son lectorat pour la première fois depuis ma nomination au poste de Commissaire aux langues officielles.

Moins volumineux que les derniers numéros, le présent bulletin veut avant tout partager les objectifs et les priorités qui sont miens à l'aube de ce mandat de sept ans. Il veut également vous mettre au courant d'un processus de réflexion que j'ai entamé avec toute l'équipe du Commissariat. Cet exercice nous aidera à déterminer ce qui doit être fait pour que la Loi sur les langues officielles continue d'être pertinente à la société canadienne en pleine évolution. Une telle réflexion collective aidera le Commissariat à mieux remplir sa mission.

L'avenir d'INFOACTION fait partie de notre réflexion. Nous avons besoin de vos commentaires et de vos suggestions. En page centrale vous trouverez un questionnaire auquel nous vous demandons de bien vouloir répondre. INFOACTION est-il utile ? Vous renseigne-t-il suffisamment ? Quels autres outils de communications le Commissariat devrait-il utiliser  ? Comment améliorer l'ensemble de nos communications avec le public canadien ?

Voilà autant de questions auxquelles nous nous devons de répondre. Soyez vous aussi au rendez-vous de notre réflexion. C'est avec plaisir que je vous lirai.

Dyane Adam

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UN ENJEU DE TAILLE

- Le gouvernement fédéral se doit d'agir -

L'heure est à Internet ! Dernier né des technologies de la communication, Internet est devenu un facteur central de développement que personne ne boude plus. Devant l'influence sans cesse grandissante d'Internet sur l'évolution des langues officielles du Canada, le gouvernement fédéral se doit d'être à l'avant-garde d'autant plus qu'Internet est au coeur de son organisation.

La langue française ne jouit malheureusement pas d'un statut d'égalité sur Internet. En vertu de la Loi sur les langues officielles, la Commissaire s'engage à promouvoir l'usage du français et de l'anglais dans la société canadienne. Étant donné que la langue anglaise est prédominante dans l'ensemble des réseaux électroniques, y compris sur Internet, il importe donc que la Commissaire veille à ce que le français y prenne toute sa place. C'est pourquoi, le 30 août 1999, Mme Adam a rendu public l'étude spéciale, Le gouvernement du Canada et le français sur Internet, ainsi que le suivi d'une étude sur Internet intitulé L'utilisation d'Internet par les institutions fédérales.

Les deux rapports visent à constituer des outils utiles en ce qui a trait au développement des industries de la langue. Ils proposent également au gouvernement fédéral divers moyens de favoriser, en vertu de la Partie VII de la Loi sur les langues officielles, l'épanouissement au Canada et dans la Francophonie, de la langue française sur Internet.

Ainsi que le rappelle l'étude spéciale, Le gouvernement du Canada et le français sur Internet « [l]e gouvernement canadien a la responsabilité particulière de développer une masse critique de contenus et de services en français, c'est-à-dire un volume d'informations pertinentes et accessibles suffisant pour favoriser la création d'une dynamique menant à des échanges fructueux en langue française sur Internet ». (p.13)

Comme le déclarait Mme Adam à un journaliste de L'Acadie nouvelle lors du lancement de ces études, « Internet a une influence profonde sur la livraison des services du gouvernement du Canada, sur le développement de l'économie du savoir, sur la révolution numérique et sur les communications et la société canadienne de façon globale. C'est ce qui m'incite à lancer un cri pressant aux autorités fédérales ».

Afin d'assurer une action immédiate et dûment ciblée, Mme Adam a soumis au gouvernement fédéral douze recommandations dont deux d'entre elles visent la mise en oeuvre d'une politique cadre et d'une stratégie plus dynamique et mieux intégrée à l'égard de la présence et de la qualité de contenus et de services en français sur Internet. Enfin, chacune des recommandations incite fortement le gouvernement fédéral à prendre les mesures qui s'imposent afin que toutes les transformations nées d'Internet reflètent l'égalité de statut du français et de l'anglais.

Madame Adam entend suivre de très près le déroulement de cet enjeu de taille qui marque cette fin de siècle en même temps qu'il préconise, au début d'un nouveau millénaire, une révolution dans le domaine des communications.

INFOACTION ne saurait assez recommander à ses lecteurs de prendre connaissance de ces études en communiquant avec le Commissariat à l'adresse suivante ou par Internet

Commissariat aux langues officielles
344, rue Slater
Ottawa (Ontario)
K1A 0T8
Tél. : (613) 996-6368
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Téléc. : (613) 993-5082

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COMME LE DISAIT LA COMMISSAIRE

Extraits d'allocutions de la Commissaire aux langues officielles

Nous sommes en déficit de réflexion. Nous avons collectivement mobilisé nos efforts afin de subjuguer les déficits budgétaires; il faut aujourd'hui combler le déficit de réflexion face au développement fulgurant des inforoutes. Ce déficit n'est certes pas typiquement canadien, mais il importe que le Canada, coeur économique intégré à l'Amérique et attaché par ses langues officielles à l'Europe, fasse diligence afin de préserver la dualité linguistique canadienne.

Internet, qui relie de plus en plus les Canadiens entre eux, transforme à un rythme rapide la société canadienne et le gouvernement du Canada. Il importe que ces transformations reflètent l'égalité de statut du français et de l'anglais stipulée dans la Charte canadienne des droits et libertés et l'épanouissement des communautés minoritaires de langue officielle visées par la Partie VII de la Loi sur les langues officielles.

Je me réjouis vivement du train de mesures concernant l'Internet annoncées dans le Discours du Trône car elles s'harmonisent bien avec les recommandations de cette étude. Cela augure bien, car le gouvernement fédéral doit nous faire savoir avant la fin de l'année les mesures concrètes qu'il entend prendre pour donner suite à nos recommandations.

Extrait d'une allocution prononcée devant le Cercle canadien de Toronto, le 14 octobre 1999.

On pose une question importante aux participants à ce congrès : Faut-il donner la priorité à la citoyenneté du monde ou à celle de son pays  ? Pour moi, le choix ne se pose pas dans ces termes. Comme l'arbre est le prolongement de la racine, comme la maison n'existe qu'à cause de ses fondations, la citoyenneté du monde est au bout d'un continuum où l'on retrouve, à l'autre bout, la citoyenneté de son pays.

Allocution au 52e Congrès de l'Association des éducateurs de langue française, le 6 août 1999.

Quand l'on évoque le français au Canada, l'on ne peut passer sous silence un phénomène qui a pris d'importantes proportions au cours des dernières décennies, c'est celui d'une francophilie -- et souvent même d'une francophonie -- croissante de nos concitoyens et de nos concitoyennes anglophones. Le symbole même de cette évolution est l'un des grands succès du Canada, c'est ce qu'on appelle l'immersion française.

Allocution prononcée devant les membres de la Fédération canadienne France-Canada et de l'Association nationale France-Canada, Moncton, le 13 août 1999.

La mondialisation de l'économie n'implique pas nécessairement l'adoption d'une culture planétaire unidimensionnelle. L'américanisation n'est pas une fatalité, mais comme l'affirmait récemment le Conference Board du Canada dans son évaluation de la performance sociale et économique du Canada, il faudrait que le Canada consacre à la recherche beaucoup plus de ressources que le niveau actuel afin de ne pas être rayé de la carte de l'innovation. [...] Le rôle de la Commissaire aux langues officielles dans pareille situation est de souligner sur la tribune publique l'importance et les conséquences de ces enjeux sur la dualité linguistique canadienne et sur la promotion des langues officielles du Canada.

Allocution prononcée devant le Cercle canadien de Toronto, le 14 octobre 1999.

C'est à nous tous, et plus particulièrement aux dirigeants de ce pays, qu'il revient de veiller à ce que la vision de notre pays soit continuellement renouvelée au fil des changements qui surviennent, mais aussi à ce que la flamme de la dualité linguistique soit constamment rallumée et alimentée. [Notre traduction ]

Allocution prononcée lors de la projection spéciale du film French Kiss : la génération du rêve Trudeau à la Chambre des communes, le 18 octobre 1999.

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NOTES BIOGRAPHIQUES

Dyane Adam

Dyane Adam est entrée en fonction comme Commissaire aux langues officielles le 1er août 1999.

Avant sa nomination, elle a été principale du Collège Glendon de l'Université York à Toronto de 1994 à 1999. Psychologue de formation, elle a exercé sa profession à Sudbury et à Cornwall en Ontario et à Rouyn-Noranda et Hauterive au Québec. Elle a enseigné la psychologie à l'Université d'Ottawa et à l'Université Laurentienne de Sudbury où elle a été vice-rectrice adjointe, Enseignement et Services en français de 1988 à 1993. Madame Adam a été membre fondatrice du Regroupement des universités de la francophonie hors Québec dont elle a été la présidente depuis 1997 jusqu'à sa nomination comme Commissaire aux langues officielles. Elle a également été active au sein de nombreux organismes du domaine de l'éducation supérieure. Durant deux années, elle a présidé le Comité consultatif des affaires francophones du ministère de l'Éducation et de la Formation de l'Ontario. En plus d'avoir participé à d'importantes initiatives dans le secteur de la santé et des services sociaux, elle a été présidente fondatrice du Collectif des femmes francophones du Nord-Est ontarien. Elle s'est beaucoup intéressée au féminisme, à la santé des femmes et à leur éducation. Partout où elle a oeuvré, Mme Adam a participé à de nombreux conseils et comités dans le secteur de la santé et des services sociaux. Elle est l'auteure de nombreuses publications professionnelles et récipiendaires de plusieurs prix de reconnaissance.

Madame Adam est la cinquième Commissaire aux langues officielles.

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EN CAUSANT AVEC DYANE ADAM

Dernièrement, la Commissaire aux langues officielles a bien voulu accueillir INFOACTION qui lui a posé quelques questions et a échangé sur des sujets de l'heure. Nous vous présentons l'essentiel de cet entretien.

Un simple appel téléphonique reçu en novembre 1998 allait orienter votre carrière vers la capitale nationale. Quelle a été votre réaction dans les moments qui ont suivi ?

Une grande surprise. Ce n'est pas tous les jours que nous recevons un appel du bureau du Premier ministre du Canada. Je connaissais le rôle du Commissaire aux langues officielles mais pas de façon approfondie. Avant d'accepter, j'ai fait mes devoirs. J'ai lu attentivement la description du poste et des responsabilités qui s'y rattachent. J'ai consulté le site Web du Commissariat et j'ai réfléchi. Le lendemain, je prenais l'avion vers Ottawa où j'ai rencontré M. Chrétien.

Qu'est-ce qui vous a particulièrement motivée à accepter l'offre du Premier ministre ?

L'offre arrivait à point dans ma vie professionnelle. Je me préparais à une année sabbatique et tout à coup, comme ce fut souvent le cas dans ma vie, une nouvelle fenêtre s'ouvrait. J'y voyais une continuité en quelque sorte. Tout au long de ma carrière, j'ai oeuvré au sein d'organismes en milieux bilingues. À Baie Comeau et à Rouyn-Noranda, j'ai eu la chance de mieux connaître la minorité anglophone du Québec. L'offre du Premier ministre m'apparaissait donc comme une suite logique aux autres postes que j'avais occupés.

Votre formation de psychologue et votre expérience clinique vous seront utiles ?

Bien sûr ! En tant que psychologue, j'ai appris et pratiqué l'écoute et l'analyse rigoureuse afin d'intervenir de façon la plus objective possible. Ce sont là des attitudes et des compétences fort utiles à un Commissaire aux langues officielles.

Ce fut donc relativement facile d'accepter l'offre de M. Chrétien ?

Je me sentais prête à relever ce nouveau défi. C'est avec fierté que j'ai accepté de travailler à la protection des droits linguistiques des Canadiens et des Canadiennes tout en étant très consciente des responsabilités qui m'attendaient.

Vous êtes en poste depuis quatre mois, quel bilan en faites-vous ?

Il est encore trop tôt pour faire un bilan, toutefois, j'aimerais partager certaines impressions. Déjà, je considère que c'est un privilège unique que d'être dans ce poste. Je jouis d'une grande latitude d'action qui me permet de définir mes objectifs, d'établir avec l'équipe du Commissariat, nos priorités et de le faire selon mon style personnel. De plus en plus, je me rends compte que la Commissaire peut exercer une certaine influence et qu'elle peut initier des changements.

Êtes-vous limitée par des directives du gouvernement ?

Je suis une agente du Parlement canadien, je ne reçois pas de directives spécifiques quant à l'accomplissement de mes tâches. C'est la Loi sur les langues officielles qui dicte ce que j'ai à faire. Déjà, je veux accorder priorité au statut d'égalité du français et de l'anglais, langues officielles, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des institutions fédérales. Je veillerai à ce que les communautés de langue officielle en milieu minoritaire s'épanouissent pleinement en raison de ce statut d'égalité du français et de l'anglais. Bref, je me rends compte que mon champ d'action est vaste. Bientôt, je serai prête, avec l'équipe du Commissariat, à mettre en oeuvre un plan d'action inspiré par une vision renouvelée de notre mandat, lequel plan je voudrais adapter à la modernité que nous vivons et aux besoins linguistiques des Canadiens et des Canadiennes.

Le Commissaire jouit d'une certaine latitude d'action mais a-t-il suffisamment de pouvoir ?

Le Commissaire est une personne qui se doit d'être objective, non partisane. S'il ne jouit pas d'un pouvoir exécutoire, il peut, par contre, exercer un pouvoir d'influence. Son rôle d'ombudsman, de protecteur des droits linguistiques et d'arbitre lui accorde ce privilège de pouvoir influencer des décisions.

Qui voulez-vous plus particulièrement influencer  ?

J'ai l'intention de travailler de très près avec les élus parlementaires, avec ceux qui prennent des décisions ainsi qu'avec les fonctionnaires qui occupent des postes décisionnels. Je voudrais contribuer à faire en sorte que la Loi sur les langues officielles fasse partie inhérente de la culture de chacune des institutions fédérales. Je souhaite que les ministères et les agences intègrent la Loi toujours plus au fonctionnement quotidien de tous les niveaux de leur organisme et à la prestation des services au public. C'est là un de mes objectifs prioritaires.

Travailler avec les élus, c'est travailler à la fois pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire et pour l'ensemble de la société canadienne, comme l'ont d'ailleurs fait mes prédécesseurs.

Pouvez-vous nous donner un exemple d'activité susceptible d'influencer les élus ?

Un exemple tout récent : ma comparution devant le Comité permanent des transports et le Comité sénatorial permanent des transports et des communications. On sait que le gouvernement envisage la restructuration du transport aérien au Canada.

Avez-vous soumis des recommandations à ces comités ?

J'ai d'abord démontré à ces comités que le processus de restructuration ne peut être dissocié d'une des valeurs fondamentales de l'identité canadienne, à savoir, la dualité linguistique. J'ai rappelé aux comités que le gouvernement a la responsabilité de clarifier les obligations linguistiques des transporteurs régionaux affiliés, par exemple Air Ontario ou Air Nova, tant au sol que dans les airs. Sans entrer dans tous les détails, je puis vous assurer que j'ai insisté en faveur des services que les Canadiens et les Canadiennes ont le droit d'exiger dans la langue officielle de leur choix. J'ai soumis des recommandations qui s'imposaient. Et je reviendrai à la charge... Le suivi à ce genre d'intervention est primordial.

Au cours des nombreuses entrevues accordées aux divers médias depuis votre nomination, vous avez déclaré que vous vouliez faire une différence, créer un « impact ». Comment envisagez-vous effectuer cette différence ?

J'aimerais que la différence soit d'abord dans l'approche. J'entends être pro-active, m'engager à plusieurs niveaux et « oser » intervenir le plus souvent possible devant les comités parlementaires; ce sont eux qui prennent des décisions. Cette approche me donnera l'occasion de mieux informer les élus et les hauts gestionnaires et, en particulier, de les renseigner sur les besoins réels des communautés de langue officielle.

Cette « différence », je le souhaite, contribuera à alimenter une vision renouvelée du Canada qui a évolué depuis la proclamation de la Loi sur les langues officielles en 1969. Notre pays est en mal d'une vision plus fidèle aux aspirations du Canada moderne. Le gouvernement a été très occupé à équilibrer ses budgets. C'est fait maintenant. Notre société est en déficit de réflexion. Il faut y voir. J'ai l'intention de déployer beaucoup d'efforts pour que les langues officielles soient de plus en plus intégrées au fonctionnement des institutions fédérales.

La Loi sur les langues officielles est donc étroitement liée à la vision renouvelée que vous préconisez ?

À mon avis, la Loi doit « s'asseoir » sur la vision d'un Canada du XXIe siècle. Cette vision m'apparaît comme la pierre angulaire de la Loi. Je reconnais qu'il n'est pas facile d'appliquer une loi. Il y a une multitudes de contraintes, de limites. La Loi sur les langues officielles touche le quotidien de la vie des Canadiens et des Canadiennes, elle est du ressort de l'humain. Voilà pourquoi elle doit être solidement reliée à une vision.

Revenons à la différence que vous envisagez effectuer ?

Je voudrais que la Commissaire soit un agent de changement, un facilitateur. Le suivi que nous devons assurer aux divers dossiers devrait prendre la forme d'un rappel d'une valeur canadienne fondamentale que nous devons tous respecter :  l'égalité du français et de l'anglais, statut qui doit être respecté autant à l'intérieur des institutions fédérales qu'à l'extérieur.

Les plaintes que vous recevez ne sont-elles pas un rappel de cette valeur ?

Les institutions fédérales n'ont pas à attendre une plainte pour auto-évaluer la livraison de leurs services dans les deux langues officielles. La Commissaire doit les aider dans ce domaine, travailler main dans la main avec elles de façon continue dans le respect de cette valeur. Il y aurait de moins en moins de plaintes si les institutions fédérales intégraient davantage les langues officielles au fonctionnement quotidien, à la gestion et à la livraison de leurs services au public. Les langues officielles ne devraient pas être marginales, mais au coeur de toutes les actions des institutions. Pour que cela se réalise, il faut que tous partagent la même vision : le respect intégral du statut d'égalité des deux langues officielles ou dans certains cas, la progression vers le statut d'égalité.

Renseigner le public canadien, l'informer, démystifier tout ce qui entoure les langues officielles semble vous tenir à coeur. Vous avez des plans à cet effet  ?

Cet aspect de mon mandat m'intéresse au plus haut point. Nous avons à communiquer avec le plus grand nombre de Canadiens et de Canadiennes possible. Le contexte a fort changé depuis trente ans. Il faut donc que nos activités de communication tiennent compte de cette réalité et qu'elles soient dûment adaptées aux technologies modernes. Si nous voulons bien informer le public, si nous voulons faire une différence, il faut à tout prix adapter non seulement notre discours, mais aussi nos modes de communications.

Vous pensez à lnternet, à l'inforoute  ?

Avons-nous le choix de penser autrement ? J'y accorde priorité sans mettre de côté tous les moyens et les outils traditionnels. Nous allons indubitablement intégrer toujours plus les nouvelles technologies de communications au fonctionnement quotidien du Commissariat. C'est la première fois dans notre histoire que nous avons accès directement aux citoyens, en l'espace de quelques secondes. Nous pouvons les joindre dans leurs foyers, leurs écoles, leurs universités, leurs industries, leurs organismes, etc. Nous pouvons répondre à leurs questions presque sur le champ. Nous pouvons créer des forums, des tribunes et des échanges de toutes sortes. Tout cela sans avoir à nous déplacer ! En d'autres mots, il n'en tient qu'à nous de dialoguer avec le public canadien et de l'informer comme il se doit.

Est-ce là une pratique courante au gouvernement fédéral ?

De plus en plus. Permettez-moi de citer le dernier Discours du Trône. À mon avis, ce passage nous dicte une orientation incontournable. « Le gouvernement deviendra un utilisateur modèle des technologies de l'information et d'Internet. D'ici 2004, nous voulons être connus dans le monde entier comme le gouvernement le mieux branché avec ses citoyens. Les Canadiens et les Canadiennes auront accès à toute l'information et à tous les services gouvernementaux en direct, à l'endroit et au moment qui leur convient. » Le Commissariat sera de la partie, je n'en doute aucunement. Nous sommes en pleine révolution dans le domaine des technologies des communications et ça se déroule à un rythme effréné, alors nous nous devons d'agir vite.

Avez-vous ciblé certains groupes de la société avec qui vous voulez particulièrement communiquer  ?

Sans hésitation, je vous réponds que ce sont les jeunes de 14 à 30 ans. Ce sont eux qui vont alimenter la vision renouvelée du Canada, qui vont nourrir notre réflexion collective portant sur un Canada moderne qui respecte le statut d'égalité du français et de l'anglais. Il nous arrive d'oublier que les jeunes de 14 à 30 ans de l'an 2000 n'ont pas vécu l'évolution du bilinguisme. Il est de notre rôle de les éduquer et de les informer et surtout de se faire inspirer par eux.

Le contexte n'est-il pas totalement différent  ?

Évidemment. Tout d'abord, selon Statistique Canada, un jeune Canadien sur quatre (groupe des 14-24 ans) est bilingue. Ces jeunes sont nos leaders de demain. Déjà, ils sont plus ouverts à la mondialisation des marchés et des communications et à l'espace qu'occupent le français et l'anglais. La dualité linguistique ne se vivra plus de la même manière. Les jeunes sont de plus en plus conscients que le français et l'anglais sont des langues parlées à l'échelle mondiale et que ces langues véhiculent des civilisations universelles.

Le discours que vous tiendrez aux jeunes sera-t-il différent ?

Le contenu ne sera pas différent. La Loi sur les langues officielles demeure la même. Nous aurons toutefois à leur rappeler l'histoire des langues officielles au pays. Ce qui doit changer, c'est notre façon de leur parler. C'est tellement plus facile avec les technologies modernes d'animer notre discours, d'utiliser un langage davantage visuel, un vocabulaire moins bureaucratique. Il me semble qu'il devrait y avoir place pour un peu d'humour, de l'animation, peut-être avoir recours à la bande dessinée. Surtout, nous pourrons engager un vrai dialogue avec les jeunes grâce à Internet et au courriel. Et avec les jeunes, partout au pays. Un dialogue presque continu si nous le voulons. Ils ont des choses à nous dire et à nous apprendre. Oui, la jeunesse sera prioritaire au Commissariat. Nous ne négligerons pas pour autant les autres groupes d'âge.

Nous savons que votre emploi du temps représente de longues heures de travail, que faites-vous pour vous reposer, pour refaire le plein ?

Du jardinage ! Sans me lasser, je peux passer des journées entières dans notre potager ou dans notre jardin de fleurs sans oublier le plaisir que j'ai à prendre soin de nos arbres fruitiers. Et il y a le vélo, un sport que je pratique depuis toujours. Le golf et le ski, selon la saison, me font vivre de bons moments de loisirs et, quand j'en ai le temps, j'aime bien cuisiner pour des amis.

Et la lecture ?

Il m'est impossible de vivre sans la compagnie d'un bon livre même si des tonnes de documents m'accaparent. J'ai d'autant plus besoin d'un bon roman ou d'un recueil de nouvelles. En autant que je le puis, je lis les derniers grands succès au fur et à mesure de leur publication. Je lis les auteurs canadiens, francophones et anglophones, sans négliger les grands écrivains des autres pays. J'aime bien Marie Laberge, Daniel Poliquin, Patricia Cornwell, Alexandre Jardin, Gabriel Marquez, etc. Présentement, je lis l'ouvrage d'un collègue, Jean Mohsen Fahmy, Directeur des communications au Commissariat, qui a écrit Amina et le Mamelouk blanc.

En juillet 2006, qu'aimeriez-vous avoir accompli pour le Canada en tant que Commissaire aux langues officielles  ?

J'aurai, je l'espère, réussi à parler aux Canadiens et aux Canadiennes du statut d'égalité des langues officielles avec passion et émotion. Avoir pu contribuer à ma façon à la reconnaissance de ce statut par un nombre encore plus important de Canadiens et de Canadiennes me comblerait de bonheur. Je voudrais les avoir aidés à vivre tous les avantages d'être dans un pays qui se définit en fonction de deux langues officielles. Voilà un noble défi !

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INFOACTION A CINQ ANS

Comme vous l'avez lu en première page, INFOACTION fait partie de l'exercice de réflexion en cours au Commissariat aux langues officielles. Depuis cinq ans, INFOACTION vous a renseignés sur les principales activités du Commissaire.

Nous avons reçu plusieurs commentaires visant l'amélioration de ce bulletin d'information. Par exemple, on nous suggère de le publier plus régulièrement et peut-être plus fréquemment puisque souvent les informations sont périmées. On souhaite un style un peu moins bureaucratique. On nous propose d'axer le contenu davantage sur les résultats. On aimerait lire plus de nouvelles portant sur les activités des bureaux régionaux. Ces commentaires sont déjà intégrés à notre réflexion.

Pour notre part, nous nous posons de nombreuses questions quant à l'utilisation la plus efficace des divers moyens de communications qui nous permettraient de mieux informer le public canadien. Il en existe plus d'un et aucun n'est total. Il s'agit de choisir les plus efficaces. Nous comptons sur vous pour nous aider à faire les choix les plus judicieux selon les nouvelles technologies et les ressources disponibles.

INFOACTION a besoin de vos idées. Nous vous prions donc de répondre au questionnaire suivant et de nous le faire parvenir, si possible, avant le 8 janvier 2000.

Merci à l'avance de votre collaboration.

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QUESTIONNAIRE ADRESSÉ AUX LECTEURS D'INFOACTION

Veuillez imprimer ce questionnaire et nous le retourner par télécopieur à (613) 993-5082 ou par la poste à l'adresse suivante :

Commissariat aux langues officielles
344, rue Slater
Ottawa (Ontario)
K1A 0T8

  1. Vous résidez au/en : 

    Province _____________________________

    Territoire _____________________________

  2. Votre groupe d'âge

    ____ 15-30
    ____ 31-45
    ____ 46-65
    ____ 65 +

  3. Quelle version d'INFOACTION lisez-vous

    ____ française
    ____ anglaise

  4. Y-a-t-il d'autres personnes de votre entourage qui le lisent ?

    ____ oui
    ____ non

    • Combien ? _____________________________

  5. Lisez-vous INFOACTION

    ____ partiellement
    ____ en entier
    ____ pas du tout

  6. Trouvez-vous que le contenu d'INFOACTION vous renseigne sur le Commissariat aux langues officielles, de façon

    ____ satisfaisante
    ____ peu satisfaisante
    ____ non satisfaisante

  7. INFOACTION vous renseigne-t-il sur les langues officielles, sur vos droits linguistiques, sur les services du Commissariat, de façon

    ____ satisfaisante
    ____ peu satisfaisante
    ____ non satisfaisante

  8. Quel genre d'information aimeriez-vous trouver dans INFOACTION que vous n'y trouvez pas déjà ?

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  9. Quels seraient les moyens les plus efficaces, les meilleurs outils de communications que le Commissariat pourrait utiliser pour renseigner les Canadiens et les Canadiennes sur tout ce qui a trait aux langues officielles ?

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Autres commentaires

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