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Infoaction, printemps-été 2001, volume 7, no 2

Rédactrice en chef : Lyne Ducharme
Rédaction : Monique Cousineau
Traduction vers le français : Bureau de la traduction
Traduction vers l'anglais : Terri Irwin
Révision française : Adine Béraud-Middlestead
Révision anglaise : Patricia Buchanan
Infographie : Zsuzsanna Liko Visual Communication Inc.

Édifice du Canada
344, rue Slater
3e étage
Ottawa (Ontario) K1A 0T8
Téléphone sans frais : 1 877 996-6368
Télécopieur : (613) 943-2255
ISSN 1203-0996
Courrier électronique : 
message@ocol-clo.gc.ca


UN MOT DE LA COMMISSAIRE

Par simple curiosité, si je vous demandais de résumer brièvement ce que vous avez lu, ou vu ou entendu au sujet des langues officielles au cours des derniers mois, il se peut que vous seriez portés à répondre : des problèmes, des problèmes ! Pourtant, croyez-moi, il n'y a pas que des problèmes. Il est vrai qu'à plusieurs reprises, tel que mon mandat me le prescrit, j'ai décrié le manque flagrant de leadership de la part du gouvernement fédéral à l'égard de la pleine mise en oeuvre de la Loi sur les langues officielles. En contre partie, il y a quelques avancées prometteuses qui m'invitent à l'optimisme.

Le présent numéro d'INFOACTION vous permettra de constater qu'il existe en réalité une volonté de traiter la dualité linguistique comme une valeur fondamentale, comme un des piliers de l'identité canadienne. C'est en ce sens que j'ai accueilli avec grande satisfaction la nouvelle que M. Stéphane Dion, ministre des Affaires intergouvernementales, assumera le leadership fédéral en matière de langues officielles au sein du gouvernement. À ce titre, M. Dion assurera la coordination entre les trois principaux ministères qui, en plus du sien, sont responsables du dossier des langues officielles, soit Patrimoine canadien, Justice Canada et le Conseil du Trésor. Il veillera à la cohérence d'action entre ces organismes, qui conserveront leurs responsabilités respectives dans le dossier des langues officielles.

Ce numéro d'INFOACTION traite de divers dossiers dont un qui est pour moi une priorité :  les communautés de langue officielle et l'immigration. On cède également la parole à une fonctionnaire de Vancouver qui raconte comment les langues officielles occupent une grande place dans son travail quotidien. Enfin, chacune des pages de ce numéro vous rappellera, je le souhaite, qu'il y a un printemps, signe d'une saison nouvelle dans le monde des langues officielles.

À chacun et à chacune, je souhaite un été de soleil, de peu de pluie et de repos  !

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BRAVO LES CHAMPIONS !

Lorsqu'il s'agit des langues officielles au sein de l'appareil fédéral, on met souvent en évidence des situations problématiques. Pourtant, il n'y a pas que des problèmes, loin de là. INFOACTION veut justement vous mettre au courant d'une heureuse initiative susceptible de vous intéresser.

Comme vous le savez, le Conseil du Trésor exerce un leadership important dans le domaine des langues officielles. C'est lui, notamment, qui incite toutes les institutions fédérales assujetties à la Loi sur les langues officielles à prendre les mesures nécessaires pour rehausser la visibilité des langues officielles au sein de leur organisme.

Depuis 1998, l'élaboration d'une politique et la publication de deux rapports* sont à l'origine d'un programme qui, en réalité, fait « bouger » les choses. Il s'agit du programme Les langues officielles au coeur des décisions communément appelé le programme des Champions des langues officielles. Le programme gagnerait à être mieux connu du grand public, car il est une preuve qu'un grand nombre de fonctionnaires attachent énormément d'importance aux langues officielles.

Le Conseil du Trésor a eu l'excellente idée d'inviter les ministères et organismes fédéraux ainsi que les sociétés d'État à nommer des Champions des langues officielles dans le but de rehausser la visibilité des langues officielles, trop souvent laissées dans l'ombre. Un groupe de travail rattaché au Comité consultatif des ministères et organismes sur les langues officielles du Secrétariat du Conseil du Trésor a donc été mis sur pied.

Le groupe de travail a élaboré à l'intention des champions un guide très pratique, qui peut servir également à tout le personnel d'une institution. Le guide vise d'abord et avant tout à favoriser l'intégration des langues officielles aux décisions liées aux activités fonctionnelles et statutaires des ministères et organisme fédéraux. En d'autres mots, les champions veillent à ce que les langues officielles ne soient pas remisées sur des tablettes mais qu'elles soient au coeur même de toutes les décisions des institutions.

Comment relever ce vaste défi ? Afin que les champions puissent atteindre l'objectif visé, le guide propose 36 activités stratégiques dans quatre champs d'intervention

  • promotion des langues officielles;
  • info-formation auprès des dirigeants du personnel;
  • optimisation des langues officielles;
  • gestion des langues officielles.

La liste des 36 activités permet de guider les champions dans le choix de ce qui favorisera le plus la visibilité et la promotion des langues officielles.

Mais qui sont donc ces CHAMPIONS ? Ces derniers sont-ils couronnés à la suite de joutes linguistiques de nature olympique ? Pas tout à fait. Comme nous le mentionnions plus haut, ce sont des employés de la fonction publique nommés à ce titre par leur ministère. Ils agissent en tant que personnes-ressources pour assurer que les langues officielles sont bel et bien en mouvement. Les activités stratégiques proposées montrent bien que ce programme a tout ce qu'il faut pour engendrer d'heureux résultats. Qu'il nous suffise d'en énumérer quelques-unes

  • inclure dans la vision de l'institution, l'engagement de l'organisation à l'endroit de la dualité linguistique du Canada en tant que valeur fondamentale de notre société;
  • utiliser les deux langues officielles au sein du comité exécutif, ainsi que dans toutes les réunions auxquelles participent des membres des deux groupes linguistiques;
  • envoyer régulièrement une note d'information à l'administration générale pour la mettre au courant des activités de l'institution en matière de langues officielles (service au public, langue de travail, participation équitable des Canadiens et des Canadiennes, appui au développement des communautés de langue officielle);
  • profiter des moyens en place (bulletins, nouvelles-éclair, journal des employés, site intranet) pour assurer la promotion des langues officielles;
  • s'assurer que le milieu de travail est propice à l'usage des deux langues officielles, c'est-à-dire que la supervision, la formation et le perfectionnement, les services personnels et centraux, les réunions, les instruments de travail (y compris les instruments de travail informatiques), sont disponibles en français et en anglais, dans tous les bureaux des régions désignées bilingues.

La meilleure façon d'illustrer que ce programme est réellement en oeuvre est de céder la parole à une personne qui le vit et le fait vivre. INFOACTION est heureux de publier le témoignage de Mme Barbara Fulton, sous-commissaire des opérations régionales pour la région du pacifique à l'Agence des douanes et du revenu du Canada.

* Maintenir le cap : la dualité linguistique des transformations gouvernementales et les langues officielles et Collectivités minoritaires de langues officielles : promouvoir un objectif gouvernemental.

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CONVERSATION AVEC UNE CHAMPIONNE DES LANGUES OFFICIELLES

Barbara Fulton

Barbara Fulton a commencé à s'intéresser à la langue française lorsqu'elle était une jeune élève de 5e année dans une école de Vancouver. Elle ne se doutait pas alors qu'une des deux langues officielles du pays allait jouer un rôle significatif dans l'évolution de sa carrière.

À la fin de ses études secondaires, Barbara Fulton se rend à Neuchâtel, en Suisse, où elle termine sa 13e année tout en habitant chez une famille suisse romande. De retour au Canada, elle obtient un B.A. avec spécialisation en français après trois ans d'études à l'Université de la Colombie-Britannique. Toujours plus intéressée à la langue française, elle fait des études en lettres à Caen, en France, grâce à une bourse d'études du gouvernement français. En 1975, elle obtient une maîtrise en études canadiennes-françaises de l'Université de la Colombie-Britannique. La thèse de maîtrise de Mme Fulton portait sur les romans d'Anne Hébert.

Mme Fulton intègre la fonction publique fédérale en 1973 et y occupe diverses fonctions. En 1996, elle est nommée sous-ministre adjointe (actuellement sous-commissaire) des opérations régionales pour la région du Pacifique à Revenu Canada (aujourd'hui l'Agence des douanes et du revenu du Canada).

Récemment, Mme Fulton s'est aimablement prêtée à une entrevue avec INFOACTION. Voici les grandes lignes de cet entretien avec une véritable Championne des langues officielles.

INFOACTION :
D'où vous vient l'intérêt que vous portez à la langue française ?

BARBARA FULTON :
Tout d'abord, je dois vous dire que j'ai grandi dans un milieu où le français n'était présent qu'à l'école pendant quelques minutes chaque jour. Mes parents ne comprenaient ni ne parlaient le français. J'ai suivi des cours de français langue seconde dès la 5e année du primaire, tel que prescrit par le programme scolaire. On ne nous enseignait que les rudiments du français écrit. Très tôt, j'ai développé une curiosité pour le français, un goût que je ne saurais expliquer.

INFOACTION :
Une fois au secondaire, pourquoi avez-vous voulu poursuivre votre étude du français  ?

B.F. :
En toute franchise, je vous avouerai que plus je découvrais la langue française, plus son apprentissage devenait un « jeu ». C'était comme si je détenais la clé d'un secret qui m'ouvrait toutes sortes de portes et qui me donnait l'impression que je détenais un certain pouvoir mystérieux. La découverte constante que je faisais du français ne cessait de me fasciner. Le point culminant de ce « jeu » fut sans contredit ma découverte de la littérature française. C'est en français que j'ai lu mon premier roman et... le « jeu » se continue !

INFOACTION :
La lecture de romans en langue française vous a donc menée loin ?

B.F. :
En effet, je n'ai jamais cessé d'aimer, d'étudier, de connaître et de parler le français.

INFOACTION :
Et même de travailler en français ?

B.F. :
Ce ne fut pas toujours possible. Au cours de mes premières années au sein de la fonction publique fédérale, j'ai occupé divers postes reliés à l'entretien des aéroports dans l'ouest du Canada. À mon grand regret, j'utilisais très peu mon français.

INFOACTION :
Avez-vous douté alors de l'importance du français comme langue de travail au sein des institutions fédérales ?

B.F. :
La vie en a voulu autrement. Dans les années 1980, j'ai eu la chance de vivre un détachement qui m'a menée à Ottawa. Là, je me suis rendue compte que la fonction publique fédérale connaissait d'heureux changements quant à la mise en oeuvre de la Loi sur les langues officielles. Il faut dire qu'à ce moment là, la mentalité face au bilinguisme changeait véritablement. De plus en plus de fonctionnaires considéraient la connaissance du français non pas tellement comme une obligation mais plutôt comme un élément essentiel du service au public qui a le droit de se faire servir dans la langue de son choix.

INFOACTION :
À quoi attribuiez-vous le changement de mentalité que vous observiez ?

B.F. :
Sans aucun doute que l'émergence de la « génération-immersion » y était pour beaucoup. La Commission de la fonction publique fédérale recrutait de plus en plus de jeunes fonctionnaires bilingues. Le mouvement de mondialisation commençait à se produire. Conséquemment, le Canada s'ouvrait davantage au monde, d'où la prise de conscience collective de la valeur de la dualité linguistique canadienne.

INFOACTION :
Si on parlait maintenant du Programme des champions des langues officielles. Pourquoi vous y êtes-vous engagée ?

B.F. :
J'étais honorée de pouvoir exercer un leadership au sein du comité exécutif afin d'assurer que les décisions importantes qui s'y prennent tiennent compte des obligations en matière de langues officielles. En plus, je voyais dans le Programme des champions des langues officielles une excellente façon de maintenir et de multiplier nos liens avec la communauté minoritaire francophone.

INFOACTION :
Comment le Programme a-t-il été accueilli par l'ensemble des employés ?

B.F. :
En général, très bien reçu. À l'Agence, nous sommes trois « Championnes » qui mettons en oeuvre le Programme. Je travaille en étroite collaboration avec Linda Gobeil, sous-commissaire à la Direction générale des ressources humaines et Élizabeth Châtillon, sous-commissaire, Région du Québec. Il est important de noter que ce Programme vise également la visibilité de l'anglais, langue officielle, dans les institutions fédérales au Québec quant au service au public, à la langue de travail et à la participation équitable sans oublier l'appui à la communauté anglophone du Québec.

INFOACTION :
Ce fut donc relativement facile d'intéresser le personnel au Programme ?

B.F. :
Au fur et à mesure que les objectifs étaient connus, le Programme était mieux compris et accepté. Nous avons mis l'accent sur l'importance d'accorder au français, langue officielle, la place de choix qui lui revient. Nous avons également mis en valeur l'enrichissement personnel ainsi que celui que connaîtrait notre organisme en renforçant ses liens avec la communauté francophone. À brève et à longue échéance, c'est l'Agence qui en sort gagnante.

INFOACTION :
Au moment où votre organisme subissait des changements institutionnels, n'était-il pas dangereux que ce programme relié aux langues officielles soit relégué à un second plan ?

B.F. :
Dès la création de notre Agence, la haute gestion n'a ménagé aucun effort afin que les langues officielles ne soient pas perdues de vue. En un sens, le Programme arrivait à point. Nous avons profité de l'occasion pour rehausser la visibilité du français par l'entremise de diverses mesures efficaces et pratiques, dont la mise à jour d'un guide à l'intention des employés et une brochure sur le français, langue de travail.

INFOACTION :
De quelle façon le Programme a-t-il permis de rejoindre la communauté minoritaire de langue officielle ?

B.F. :
Le Programme nous a permis de solidifier des liens existants et d'en créer de nouveaux avec la communauté francophone de la région et avec les associations provinciales et territoriales. Le Programme nous aide donc à alimenter le réseau qui nous relie à la communauté tout en nous donnant l'occasion d'en créer de nouveaux avec d'autres ministères et agences centrales présents dans la région du Pacifique. Grâce au Programme, nous travaillons maintenant en partenariat non seulement avec la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, mais aussi avec le Conseil du Trésor et avec le Commissariat aux langues officielles. Ce sont là des partenariats renforcés qui contribuent grandement à créer une différence.

INFOACTION :
En tant que Championne des langues officielles, sentez-vous que vous exercez une certaine influence au sein du comité exécutif de votre Agence  ?

B.F. :
J'aime à croire que oui. J'apporte au comité une perspective différente qui se fonde principalement sur la prestation quotidienne de services au public par notre Agence. J'apporte la perspective de la communauté de langue officielle ainsi que celle des personnes responsables de la prestation des services. Le français, langue officielle, est de plus en plus visible au sein de notre Agence et il est évident que le Programme des champions y est pour beaucoup.

INFOACTION :
Pouvez-vous nous fournir quelques exemples de cette visibilité ?

B.F. :
Nous avons créé une page Web de la Francophonie de l'Agence des douanes et du revenu du Canada. Elle a été conçue pour fêter l'Année de la francophonie au Canada. Les personnes intéressées peuvent visiter notre site à l'adresse suivante : 
www.ccra-adrc.gc.ca/francophonie. Toujours à l'occasion de l'Année de la francophonie au Canada, notre agence a aussi subventionné une vidéo produite par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.

INFOACTION :
Que trouve-t-on sur cette page Web ?

B.F. :
On y trouve une liste exhaustive de brochures traitant des activités qui se déroulent dans chaque province et territoire. L'ADRC a produit cette liste de concert avec la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada et avec d'autres associations à caractère national et provincial.

INFOACTION :
Existe-t-il d'autres outils ?

B.F. :
Nous avons créé un genre de guide publié sur intranet à l'intention de notre personnel. Par exemple, on y trouve tous les renseignements relatifs à la formation linguistique et au maintien de l'acquis linguistique. Les employés désireux de se préparer à un examen de français y trouveront des conseils très pratiques. On y a aussi dressé une liste d'expressions en français correct, etc. On s'efforce de rendre plus facile, voire agréable, l'utilisation du français tout en s'assurant que cette langue officielle soit de plus en plus visible à tous les échelons de l'organisme.

INFOACTION :
Quels conseils donneriez-vous à des collègues qui hésiteraient à s'engager dans le Programme des champions des langues officielles  ?

B.F. :
J'essaierais d'abord de les rassurer : le Programme n'augmente pas la charge de travail existante et ne se veut surtout pas un fardeau imposé. Bien au contraire. Ce programme allège notre travail en facilitant les liens avec d'autres collègues qui partagent volontiers leur expérience et leur compétence dans le domaine. Le partage des connaissances, des outils de travail, des éléments de solution de situations problématiques ne font que rendre nos tâches plus simples et même davantage efficaces. La communauté francophone que nous servons devient une réalité vivante. Il nous fait toujours plaisir de participer aux assemblées annuelles générales des diverses associations afin de mieux comprendre leurs besoins et leurs attentes.

INFOACTION :
Et vous, personnellement, qu'en retirez-vous ?

B.F. :
Une grande fierté de pouvoir contribuer quotidiennement à la promotion de la dualité linguistique canadienne. Plus je m'engage activement dans la politique linguistique de la région, plus je découvre la perspective de tout le pays, ce qui m'enrichit de façon insigne. Il est vrai qu'en acceptant d'être nommée Championne des langues officielles, j'acceptais du même coup une importante responsabilité qui est celle d'optimiser l'aspect langues officielles dans toutes les activités de notre institution. Il est toujours satisfaisant de constater que la mise en oeuvre d'un programme engendre des changements. Même s'il n'est pas facile d'en évaluer les résultats, on peut quand même constater que les langues officielles sont maintenant au coeur des décisions de notre institution.

INFOACTION :
Il y a donc beaucoup de pain sur la planche ?

B.F. :
En effet ! Une évaluation de ce que nous avons accompli en mettant en oeuvre le Programme des champions, ainsi que la planification de ce que nous voulons réaliser, nous laissent croire que ça ne fait que commencer. Et surtout, nous sommes heureux de pouvoir continuer cette magnifique aventure.

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ACTION EN VUE D'UN CHANGEMENT IMPORTANT

Le temps est à l'action pour changer la culture organisationnelle au sein de la fonction publique fédérale, pour un service de qualité dans les deux langues officielles. Le 24 avril dernier, la Commissaire aux langues officielles, Mme Dyane Adam, a rendu public un bilan national de l'état des services au public en français et en anglais. Le rapport se veut avant tout un outil de travail.

Le contenu du rapport intitulé Bilan national des services au public en français et en anglais : Un changement de culture s'impose est le résultat d'une série de vérifications au palier national et dans chaque province et territoire entre 1994 et 2000. Au cours de cet exercice, la Commissaire a constaté que la prestation de services bilingues au pays laisse grandement à désirer. À titre d'exemple, la capacité bilingue des bureaux examinés a été jugé satisfaisante dans seulement 66 p.100 des bureaux, contre 76 p.100 en 1994.

Tout comme elle en avait fait état dans son dernier rapport annuel, la Commissaire a discerné une fois de plus des lacunes récurrentes dans les bureaux fédéraux désignés bilingues, ainsi que le manque de leadership ferme et réel à l'égard de la pleine mise en oeuvre de la Loi sur les langues officielles. En revanche, le dernier discours du Trône a annoncé la volonté du gouvernement de se mobiliser sur cette question, s'engageant à consentir des efforts pour que tous les Canadiens et Canadiennes puissent communiquer avec le gouvernement dans la langue officielle de leur choix. C'est précisément dans le but d'aider le gouvernement fédéral à aller de l'avant et à concrétiser son engagement que le rapport présente une série de pistes d'action.

De l'avis de Mme Adam, pour que les bureaux concernés offrent des services de qualité dans les deux langues officielles, il faut qu'à tous les échelons de l'appareil fédéral et dans toutes les régions du pays, on ait clairement établi que le programme des langues officielles constitue une valeur fondamentale. Elle insiste sur l'importance d'un effort concerté et d'un leadership visible et cohérent pour que les langues officielles soient intégrées au coeur des priorités dans la gestion quotidienne et à la philosophie de service globale qui oriente les politiques, les attitudes et les actions des fonctionnaires. Mme Adam ne manque pas de rappeler que la responsabilité de refléter et de mettre en pratique ces valeurs n'incombe pas aux seuls ministres et sous-ministres, mais bien à chaque gestionnaire et à chaque employé des bureaux désignés bilingues partout au pays. C'est dans cet esprit qu'elle met l'accent sur l'importance de l'accès à la formation linguistique continue tant pour les gestionnaires que pour les employés des bureaux désignés bilingues.

La Commissaire demande au Conseil du Trésor de jouer un rôle plus actif au niveau de la surveillance et de l'évaluation du programme des langues officielles dans les organismes fédéraux. « Servir le public dans les deux langues officielles doit être bien plus qu'appliquer une série de règles dictées par une loi : c'est reconnaître et respecter l'individu dans sa spécificité, dans sa langue et sa culture. C'est aussi reconnaître que la dualité linguistique est un des principaux piliers de notre pays. Je compte sur le plein engagement du leadership politique et administratif et de tous les intervenants concernés partout au pays pour mettre en oeuvre les recommandations de ce rapport. »

Mme Adam a conclu le point de presse tenu lors du lancement du rapport en disant espérer qu'on tiendra compte de ses recommandations dans le cadre des travaux du nouveau groupe de travail mis sur pied par le Premier ministre pour moderniser la gestion des ressources humaines dans la fonction publique. Le temps est à l'action concrète pour changer la culture organisationnelle au sein des institutions fédérales et ce rapport trace la voie pour y arriver.

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UNE PREMIÈRE QUI NE SERA PAS LA DERNIÈRE

Pourquoi l'immigration n'a-t-elle pas eu une incidence majeure sur l'accroissement de la population francophone à l'extérieur du Québec ? Les statistiques des quinze dernières années nous apprennent qu'au Canada, seulement 3 p. 100 des immigrants étaient d'origine francophone et que 82 p. 100 d'entre eux se sont installés au Québec.

Cette situation préoccupe la Commissaire aux langues officielles qui fait du dossier de l'immigration et les communautés de langue officielle une priorité. Elle a bien l'intention de faire avancer le dossier et d'intervenir efficacement auprès des diverses instances ayant des responsabilités dans ce domaine.

Le 29 mars dernier, Mme Adam a tenu à Ottawa une consultation qui a réuni des personnes qui travaillent sur le terrain, des représentants de plusieurs ministères fédéraux ainsi que des spécialistes de la question de l'immigration. C'est en effet la première fois qu'une telle consultation a lieu dans le but de fournir au Commissariat aux langues officielles des suggestions concrètes qui lui permettront de contribuer à la solution d'une problématique canadienne importante.

On se souvient que la Commissaire a déjà présenté un mémoire devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la Chambre des communes. Ce comité a élaboré le projet de loi C-11 qui propose une importante réforme de la Loi sur l'immigration. Mme Adam voudrait que ce comité ajoute au projet de loi l'objectif suivant : le renouvellement démographique des communautés de langue officielle par l'entremise des processus de sélection et d'établissement des immigrants ainsi que leur intégration dans la société canadienne.

Lors de cette première consultation, la Commissaire a demandé aux participants de répondre à trois grandes questions

  1. Comment attirer davantage d'immigrants vers les communautés de langue officielle afin de favoriser un ressourcement équitable de ces communautés ?
  2. Comment assurer aux immigrants un accueil qui les amènera à participer pleinement à la vie communautaire  ?
  3. Quelles mesures prendre pour favoriser leur intégration dans les communautés ?

Les discussions qui ont eu lieu autour de ces questions se sont avérées des plus fructueuses. Les participants ont formulé plusieurs constats et recommandations qui rappellent qu'il est très important que les ministères fédéraux visés (Citoyenneté et Immigration Canada, Développement des ressources humaines Canada, Patrimoine canadien, Santé Canada) agissent de concert avec les communautés de langue officielle dont les besoins et les ressources sont variés. Sans reprendre ici toutes les recommandations, il importe de noter que les participants ont insisté sur la collaboration qui devrait exister entre les divers intervenants du gouvernement fédéral, les représentants des communautés de langue officielle et les immigrants eux-mêmes, qui devraient être associés de près à l'élaboration d'actions conjointes.

Les participants ont demandé au Commissariat aux langues officielles de continuer à jouer un rôle de premier plan dans ce dossier. Le Commissariat sera ainsi en mesure d'informer les divers intervenants visés de l'évolution du dossier, de sensibiliser les décideurs à l'importance de l'immigration et d'inciter ces derniers à prendre les mesures qui s'imposent.

En remerciant les participants, Mme Adam a déclaré : « Personne ne détient toute la vérité mais chacun en possède une partie. Notre défi est d'amener tous ceux et celles qui ont une partie de vérité à travailler ensemble. Il y a différents foyers de responsabilités à mobiliser en vue d'une action réfléchie. Il faut avant tout une volonté d'engagement de la part du gouvernement fédéral. Dans un plan global, l'immigration est un dossier de grande importance. »

Cette consultation du 29 mars n'est que le prélude à de nombreuses autres qui se dérouleront dans les mois à venir sur des sujets de grande importance pour la Commissaire. Une première qui ne sera pas la dernière !

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7e ÉDITION D'UN PARTENARIAT

Depuis 1994, l'Alliance des radios communautaires (ARC) du Canada et le Commissariat aux langues officielles ont conclu un partenariat. En effet, l'ARC du Canada collabore régulièrement avec le Commissariat afin de promouvoir les droits linguistiques des communautés de langue officielle en situation minoritaire, la mission de la Commissaire et les services offerts par les bureaux régionaux du Commissariat.

Ce partenariat s'est articulé autour de deux axes principaux, soit l'information du public et la rétroaction de ce dernier. Au cours des années, la collaboration entre les deux organismes a pris diverses formes : des infocapsules d'information sur le Commissariat diffusées par les radios, des jeux radiophoniques, des mises en situation, etc.

Le projet de 2000-2001, 7e année du partenariat, avait pour objectif de faire comprendre aux communautés la raison et la nécessité d'accorder davantage de visibilité à la langue française. Le projet, intitulé Chronique des Ambassadeurs de la francophonie, a été réalisé avec le concours de sept radios communautaires francophones

  • CIFA Radio Clare (Saulnierville, Nouvelle-Écosse)
  • CFJU Radio des Hauts-Plateaux (Kedgwick, Nouveau-Brunswick)
  • CJPN Radio Fredericton (Fredericton, Nouveau-Brunswick)
  • CHOD Radio Cornwall-Alexandria (Cornwall, Ontario)
  • CKGN Radio KapNord (Kapuskasing, Ontario)
  • CKXL Radio Envol 91 (Saint-Boniface, Manitoba)
  • CKRP Radio Rivière-la-Paix (Falher, Alberta)

Entre le 16 mars et le 6 avril 2001, ces radios ont diffusé

  • une chronique de deux minutes de la Commissaire aux langues officielles, Dyane Adam;
  • des chroniques des « Ambassadeurs de la francophonie »;
  • une entrevue avec la Commissaire.

Chacune des radios avait choisi deux personnalités de la région qui devenaient les « Ambassadeurs de la francophonie ». Chaque ambassadeur a préparé deux chroniques évoquant un exemple de réussite de la francophonie dans sa communauté respective. En plus de diffuser la chronique de la Commissaire, le Réseau des francophones d'Amérique (RFA) a aussi réalisé une entrevue avec Mme Adam.

Grâce à ce partenariat avec l'ARC du Canada, la Commissaire a pu contribuer à augmenter la visibilité du français, langue officielle, tout en communiquant avec un nombre important de Canadiens et de Canadiennes. Pour leur part, les Ambassadeurs ont apporté une « couleur locale » au projet qui s'est avéré, une fois de plus, un réel succès.

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UN GRAND PRIX

Mme. Ludvig et Mme. C. De

Depuis 1998, le Commissariat aux langues officielles remet une bourse de 2 000 $ à la Quebec Writers' Association pour un prix venant récompenser une traduction littéraire. Lors d'un gala tenu à Montréal récemment, Mme Eva Ludvig, représentante de la Commissaire pour la région du Québec, a décerné ce prix à Mme Claire Dé pour Montréal barbare, traduction de City of Forgetting de Robert Majzels (Mercury Press). Ancienne décoratrice et costumière de théâtre, Mme Dé détient un diplôme en journalisme de l'Université de Montréal. Nouvelliste, essayiste, dramaturge et traductrice, elle a aussi écrit pour la télévision. En 1989, elle a remporté le prix Stendhal pour Le désir comme catastrophe naturelle.

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UNE ÉTUDE « BOUSSOLE »

Le mot « étude » en effraie plus d'un, c'est bien connu. D'aucuns iront jusqu'à affirmer que les études se lisent difficilement, qu'elles sont trop nombreuses, qu'on ne sait trop à qui et à quoi elles servent, etc.

Attention ! Certaines études deviennent de véritables boussoles en indiquant à qui veut arriver à bon port, quelle direction il faut prendre. En effet, l'étude que la Commissaire aux langues officielles a rendue publique le 27 mars dernier servira non seulement d'analyse mais aussi de guide pour ceux et celles qui travaillent à l'aménagement du français par l'éducation. Intitulée Droits, écoles et communautés en milieu minoritaire : 1986-2002, l'étude a été réalisée pour le compte du Commissariat aux langues officielles par Mme Angéline Martel, professeure de sociolinguistique à la Télé-université du Québec.

Comme vous le savez, dans certaines régions du pays, le recrutement d'élèves représente une réelle problématique pour les écoles de langue française. Dans son étude, Mme Martel analyse l'évolution des effectifs des écoles de langue française et les nombreux défis du recrutement. Elle identifie les actions précises à prendre au cours de la prochaine décennie pour attirer davantage la clientèle qui a droit à l'éducation en français selon l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. Voilà pourquoi cette étude devient une véritable boussole, particulièrement pour les conseils scolaires qui administrent les écoles de langue française.

L'aménagement linguistique ? C'est quoi au juste  ?

Avant de présenter les points saillants de l'étude en question, il importe de comprendre en quoi consiste l'aménagement linguistique, concept au coeur du document. Il s'agit en somme de créer une situation équitable en ce qui a trait au statut et à l'usage des deux langues officielles, qui s'appuie sur les prescriptions de la Charte et, en l'occurrence, sur l'article 23 qui garantit les droits à l'instruction dans la langue de la minorité. Comme la Commissaire l'écrit dans l'avant-propos de l'étude : « ...les droits et les obligations inhérents à la dualité linguistique engagent le Canada à remédier, à l'échelle nationale, à l'érosion historique progressive des communautés francophones et à favoriser leur épanouissement. Le Commissariat aux langues officielles reconnaît l'apport essentiel de l'école de langue française en milieu minoritaire en ce qui concerne la revitalisation de la dualité linguistique canadienne. »

Bref rappel historique et situation actuelle

Au début des années 1960, l'enseignement dans la langue de la minorité n'est reconnu aux paliers élémentaires et secondaires que dans une seule province, le Québec. Depuis 1962, l'article 23 de la Charte garantit le droit à l'instruction dans la langue de la minorité.

Il faut se rappeler qu'en 1982, on ne trouve pas une seule école de langue française dans la moitié des provinces canadiennes. Heureusement, presque vingt ans plus tard, on constate que les gouvernements ont pris d'importantes mesures pour renforcer le réseau des écoles de langue française et confier leur gestion aux représentants des parents.

Les recherches effectuées démontrent que si les écoles de langue française attirent une plus grande proportion de l'effectif scolaire cible (54 p.100 en 1996 contre 45 p.100 en 1986), il demeure qu'environ seule la moitié des enfants nés de parents de langue maternelle française est inscrite dans une école de langue française en milieu minoritaire.

Où se situe l'école dans le développement des communautés ?

Il a été prouvé plus d'une fois que l'école joue un rôle central dans le développement des communautés minoritaires. Ainsi que l'a souvent déclaré Mme Adam, la vitalité des communautés francophones minoritaires dépend de leur capacité à renouveler leur jeunesse formée adéquatement en français. Elle a déploré le fait que l'oeuvre est bien loin d'être achevée et l'article 23 n'a pas encore porté tous ses fruits.

Défi et plan proposé

L'étude qui nous concerne démontre clairement que le défi est d'accroître les effectifs de ces écoles pour renforcer la vitalité des communautés francophones vivant en situation minoritaire. L'étude propose donc un plan de récupération de l'effectif scolaire cible pour les dix prochaines années. Un objectif ambitieux ! La Commissaire aux langues officielles estime que pour le réaliser, il faudra mobiliser plusieurs intervenants, notamment les dirigeants politiques, les conseillers scolaires de langue française, les chefs de file des communautés francophones et acadienne, les professionnels de l'éducation et surtout, les familles, qui devront être sensibilisées à l'importance de la transmission du français d'une génération à l'autre. Mme Adam a déclaré : « Tous les intervenants devront se concerter pour renforcer l'école comme milieu d'accueil et d'excellence en lien avec sa communauté. L'avenir du français au Canada en dépend. »

Conclusion

Cette étude représente un document d'importance primordiale pour les communautés francophones et acadienne du Canada. Les principaux intéressés devront se pencher sur les hypothèses que propose l'étude. Ils auront avantage à mettre en oeuvre les pistes d'action suggérées pour un nouvel aménagement linguistique en vue de réaliser la mission de l'école française. En guise de conclusion, citons Mme Adam : « Nous croyons qu'un potentiel encore intouché d'élèves sera attiré vers les écoles de langue française lorsque, éclairés par des données comme celles que nous dévoilons dans cette étude, les gouvernements et les responsables de l'éducation en français prendront les moyens appropriés pour atteindre le but de l'article 23 de la Charte. »

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JOURNALISTES DE DEMAIN

Prix jeune reporter-radio

« Jeune reporter-radio ». Voilà le nom du prix décerné par le Commissariat aux langues officielles dans le cadre d'un concours organisé par l'Association canadienne d'éducation de langue française (ACELF) en partenariat avec l'Association des radios communautaires (ARC) du Canada. Ce concours, qui s'inscrit dans les activités de la Semaine nationale de la francophonie, avait pour but de reconnaître le talent et la créativité des jeunes de la 7e à la 12e année pour la réalisation d'un reportage radio. Le thème cette année : « Des gestes et des gens qui font rayonner le français ».

Des professionnels de la radio ont aidé les concurrents à réaliser leur reportage. Le jury a arrêté sa décision selon les critères suivants : la qualité radiophonique, l'originalité et la pertinence du contenu, l'aisance et la qualité du français oral.

Le prix « Jeune reporter-radio » a été remporté cette année par Christine Coulombe et Jacqueline Robichaud, deux élèves de 8e année de l'école Monseigneur-Jean-Noël de Windsor (en Ontario), pour leur reportage sur les Fêtes du tricentenaire de la région de Windsor-Détroit.

Mme Dyane Adam a remis aux heureuses gagnantes une bourse de 1 000 $ lors d'une cérémonie qui s'est déroulée au Musée canadien des civilisations, à Hull, le 20 mars dernier, Journée internationale de la Francophonie 2001.

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UNE HISTOIRE À FAIRE RÊVER

...tous les enfants inscrits en immersion française. Nous remercions The Ottawa Citizen qui nous permet de reproduire l'article suivant, publié le 15 février dernier.

The Ottawa Citizen
Sally-Taylor Isherwood, de Navan

Une fillette de Navan âgée de 10 ans prête sa voix à Chocolat, film en nomination pour les Oscars

Elle double la voix d'Anouk après avoir auditionné pour le rôle

Tony Lofaro

Les cinéphiles qui se régalent du délicieux film Chocolat pourraient ignorer que c'est l'actrice de Navan Sally Taylor-Isherwood qui prête sa voix à l'un des rôles principaux.

La performance de Victoire Thivisol - qui incarne la fille de Juliette Binoche (Anouk) dans le film -, est remarquable, mais sa voix a été entièrement doublée avec beaucoup d'adresse par la petite Sally. Mardi dernier, le film en langue anglaise, dans lequel Juliette Binoche ouvre une chocolaterie dans une petite ville française, a été mis en nomination pour les Oscars dans cinq catégories, dont celle de meilleur film.

C'est à la toute dernière minute qu'on a fait appel à Sally pour doubler la voix de Victoire, une tâche qui demande une synchronisation précise avec les mots prononcés par l'actrice. Sally a terminé la postsynchronisation du film l'automne dernier dans des studios de Montréal et de Toronto; Lasse Hallström, le réalisateur du film, lui donnait par téléphone à partir de New York des conseils sur la façon de jouer.

C'était la première fois qu'elle doublait la voix d'une autre actrice. « Jouer, c'est très différent », disait-elle hier dans une entrevue.

« Il fallait que je suive exactement ce qu'elle (Victoire) disait et, quand on joue, on fait tout soi-même. »

Elle raconte qu'elle avait le scénario en main et devait lire les mots que Victoire avait prononcés en gardant toujours un oeil sur la scène qui se déroulait devant elle à l'écran.

« J'ai fait tout ce qu'elle avait fait : parler, tousser, rire », raconte Sally, élève de 5e année à l'école publique Meadowview, à Navan. Les séances de doublage se sont déroulées pendant quatre jours, à raison de quatre heures par jour environ.

Le plus difficile, dit-elle, c'était de reproduire l'accent de la fillette française.

Les producteurs n'étaient pas satisfaits de la voix de Victoire dans le film et désiraient la faire doubler.

« J'ai un bon accent français parce que je suis dans une classe d'immersion française. Ma mère m'a aidée aussi et, en fait, j'ai utilisé un accent britannique avec une pointe d'accent français. » Sally dit que Lasse Hallström, qui écoutait le doublage dans un studio à New York, l'a beaucoup aidée et encouragée.

« Parfois il me disait d'être plus expressive ou plus énergique dans telle ou telle scène. Il a été très, très sympathique. Il me parlait très gentiment. »

Fait intéressant, Sally avait auditionné pour le rôle de la fillette au mois de mars, mais c'est Victoire qui l'avait obtenu. Les producteurs se sont souvenu de Sally lorsqu'ils ont cherché quelqu'un pour doubler sa voix.

La seule chose que Sally a demandée aux producteurs d'Hollywood, ce fut de retarder d'un jour la séance de doublage à Toronto pour pouvoir participer à un tournoi de soccer.

« Je ne voulais pas manquer le tournoi parce que c'était la première année que je jouais dans l'équipe de soccer de l'école. On a remporté la médaille d'argent. »

Sally et sa soeur Emma, 13 ans, joueront bientôt deux soeurs dans la série télévisée The Never Ending Story. Le tournage de la série, que produit la chaîne par câble Odyssey Network, débutera en mars à Montréal.

« On est vraiment bonnes dans le rôle de soeurs », dit Sally en riant.