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Infoaction, avril 2003, volume 8, no 3

Coordination : Gilles Thériault
Rédaction : Monique Cousineau
Collaboration à la rédaction : Stéphanie Côté
Rédactrice-conseil : Catherine Scott
Traduction vers le français et l'anglais : Bureau de la traduction
Révision anglaise : Colin Morton
Révision française : Adine Béraud-Middlestead, Sandra Démosthènes
Infographie : Zsuzsanna Liko Visual Communication Inc.
Édifice Canada,
344, rue Slater
3e étage
Ottawa (Ontario) K1A 0T8
Téléphone sans frais : 1 877 996-6368
Télécopieur : (613) 943-2255
ISSN 1203-0996
Courrier électronique : message@ocol-clo.gc.ca
Site Web : www.ocol-clo.gc.ca


Un mot de la Commissaire

Au lendemain de la publication des données du recensement de 2001 portant sur l'origine ethnique, un article* de Kelly Egan, journaliste au Ottawa Citizen, a particulièrement attiré mon attention et piqué mon intérêt. D'après M. Egan, ces plus récentes données nous renseignent sur la page d'histoire que le Canada est en train d'écrire. En effet, le portrait « ethno-culturel » du pays n'est plus le même. Par conséquent, comment la population de demain définira-t-elle son identité canadienne? À prime abord, je répondrais que l'identité canadienne connaît un élément permanent : elle se fonde sur une dualité linguistique qui accepte la diversité, peu importe les mutations démographiques qui l'affectent.

Il n'y a pas de doute que le Canada est en pleine mutation et qu'il est devenu une société multilingue en raison du nombre grandissant d'immigrants n'ayant ni le français ni l'anglais comme langue maternelle. La proportion de personnes nées à l'étranger a atteint son niveau le plus élevé depuis 70 ans : 10 p. 100 de la population totale. Les membres de minorités visibles ont triplé depuis 1981 et ont atteint 4 millions en 2001. Il y a maintenant plus de 100 langues parlées au pays.

En tant que commissaire aux langues officielles, je me dois de partager le fruit de ma réflexion quant à ces données du recensement. Je suis convaincue que, si le Canada a su créer une société pluraliste unique, c'est notamment parce que la dualité linguistique est l'un des fondements de la fédération canadienne. S'il n'y avait eu le bilinguisme, la société de tolérance et de diversité qui est la nôtre n'aurait pu advenir de la même façon. Je crois que notre expérience du bilinguisme nous permet d'affronter avec une longueur d'avance et aisance un monde complexe. Nous constatons par les nouvelles données du recensement que l'idée de deux solitudes linguistiques et d'une multitude de collectivités ethniques fermées correspond de moins en moins à la réalité. La façon dont les gens jonglent avec les langues et les identités en est la meilleure preuve. L'intersection entre les langues officielles et la diversité est un carrefour de plus en plus animé, et nous devrions tous nous en réjouir. Il faut tout de même veiller à ne pas oublier les piliers que sont le français et l'anglais au sein de la demeure canadienne.

Conséquemment, si le gouvernement canadien veut assurer la gouvernance fructueuse de la diversité au Canada, il doit veiller à ce que notre aptitude à assumer la dualité linguistique de notre pays soit perpétuée.

Le Commissariat aux langues officielles a, à son agenda, plusieurs autres dossiers tout aussi importants, notamment la langue de travail au sein de la fonction publique, la suite aux recommandations de la Commission Romanow, la réalisation du plan d'action du gouvernement fédéral dans le domaine des langues officielles élaboré par le ministre Stéphane Dion, l'accès à la justice (un enjeu de taille), les réseaux de guichets uniques mis sur pied par le gouvernement du Canada. Le présent numéro d'INFOACTION vous trace les grandes lignes de ces dossiers.

* Kelly Egan : « I am a Canadian. But what does that mean? », The Ottawa Citizen, 25 janvier 2003, p B1.

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Les bons ingrédients pour relancer la dualité linguistique canadienne

Au moment de mettre le point final à ce numéro d'INFOACTION, la commissaire prenait connaissance du plan d'action pour les langues officielles. Ce plan a été présenté le 12 mars dernier, par le gouvernement fédéral, après presque deux ans de travaux intensifs. Intitulé « Le prochain acte : un nouvel élan pour la dualité linguistique canadienne », le plan comprend trois axes d'action : l'éducation, le développement des communautés de langue officielle et le bilinguisme au sein de la fonction publique fédérale. Le plan est assorti d'un cadre d'imputabilité et de coordination qui vise à conscientiser toutes les institutions fédérales, à renforcer les mécanismes de consultation auprès des communautés et à établir une coordination d'ensemble du processus gouvernemental en matière de langues officielles. L'ensemble du plan représente un investissement de 751 millions de dollars, répartis sur cinq ans.

La commissaire accueille ce plan avec satisfaction mais précise que le travail n'est pas terminé. « Les ingrédients sont maintenant rassemblés pour relancer le programme des langues officielles, mais c'est à la lumière des résultats concrets que nous pourrons réellement mesurer l'efficacité et l'impact de ce plan », a souligné madame Adam, qui demande un plan global de redressement des langues officielles depuis le dépôt de son premier rapport annuel en octobre 2000. « La prochaine étape -- celle qui est à la fois la plus importante et la plus exigeante -- est de mettre en oeuvre ce plan. Les Canadiens et Canadiennes veulent voir des résultats concrets, mesurables et durables. Pour y arriver, le gouvernement devra redoubler d'efforts et je serai là pour agir comme catalyseur et pour veiller à ce que le leadership fédéral reste sur sa trajectoire », a conclu la commissaire.

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Nouveau virage, nouvelle approche : de la théorie à la pratique

L'heure est au virage et ça presse! C'est là l'essence d'un message non équivoque qu'a livré l'honorable Lucienne Robillard, présidente du Conseil du Trésor, à l'égard de la langue de travail dans la fonction publique fédérale. Elle a adressé ce message aux chefs de file de l'administration publique lors d'un colloque sur la langue de travail organisé par le Conseil fédéral du Nouveau-Brunswick à Dieppe le 6 novembre 2002.

Madame Robillard a rappelé avec fermeté que la fin mars 2003 serait la date à laquelle les gestionnaires devront obligatoirement satisfaire au profil linguistique de leur poste. Qu'adviendra-t-il si les gestionnaires ne satisfont pas aux exigences à cette date? La présidente du Conseil du Trésor répond de façon claire et nette : « Ils devront en subir les conséquences. J'estime qu'il s'agit là d'un indicatif pour les superviseurs à savoir qu'ils doivent faire des langues officielles une priorité au niveau de leur carrière et, pour le gouvernement, de s'assurer que les services sont disponibles pour réaliser ses objectifs ».

La ministre Robillard estime que l'heure est au changement et qu'au XXIe siècle, une fonction publique moderne doit aller au-delà de la conformité aux règles. La fonction publique n'a pas de choix : elle doit pleinement intégrer les valeurs auxquelles adhèrent les citoyens et citoyennes, dont la dualité linguistique. La ministre est d'avis que pour être représentative de la population, la fonction publique doit modifier son approche face aux langues officielles. Elle se demande pourquoi une « fonction publique visant l'excellence oublie parfois si facilement l'excellence dans ses propres rangs ». Madame Robillard estime donc qu'il est temps d'agir pour corriger une situation qui perdure. Près de 35 ans après l'adoption de la Loi sur les langues officielles, nous sommes toujours confrontés à de nombreux obstacles dans la création d'une fonction publique qui reflète adéquatement la nature bilingue du Canada. La ministre justifie ainsi le virage qu'elle demande à la fonction publique d'emprunter : « Nous ne devons jamais oublier que le bilinguisme est enraciné dans nos valeurs canadiennes que sont l'inclusion, la tolérance et le respect des autres... Le bilinguisme s'inscrit dans notre profonde conviction qu'il incombe au gouvernement d'être responsable envers la population et de contribuer à sa réussite, non pas de lui nuire ».

Pour que s'effectue ce virage fondé sur les valeurs canadiennes, la ministre a insisté sur la nécessité d'un leadership fort et soutenu. Elle s'est aussi interrogée sur la pertinence de maintenir la dotation bilingue non impérative, tout en veillant à ce qu'on demeure équitable en n'empêchant personne de postuler à la fonction publique. Lors de cette allocution, madame Robillard a également remis en question l'efficacité de la prime au bilinguisme.

En conclusion, la ministre a une fois de plus réitéré l'urgence et l'obligation que le gouvernement fédéral adopte une nouvelle approche qui soit réalisable et dans le meilleur intérêt de ses fonctionnaires.

Présente à ce colloque, la commissaire aux langues officielles a accueilli avec enthousiasme les propos de la ministre Robillard, qui ont repris l'essentiel des recommandations qu'elle avait soumises à cette dernière il y a quelques mois dans le cadre de l'exercice de modernisation de la gestion des ressources humaines. En s'adressant aux participants au colloque, madame Adam a fait allusion à l'allocution de la ministre et déclaré que la nouvelle approche du Conseil du Trésor et du gouvernement face aux langues officielles fondée sur le respect représente un véritable pas en avant.

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Un simple appel qui fait une différence

Lorsqu'il s'agit de services dans les deux langues officielles, le tout peut se faire dans un esprit de collaboration et de compréhension. En voici une preuve.

En juin dernier, un groupe d'élèves francophones du Québec visitait une école de Notre-Dame-de-Lourdes au Manitoba dans le cadre d'un programme d'échange. L'institutrice manitobaine responsable de l'échange avait prévu une visite à la base militaire de Shilo. Dans ses démarches auprès de l'administration de la base, elle a appris qu'il se pourrait que la visite des lieux ne puisse se dérouler en français. On ne pouvait malheureusement pas garantir la disponibilité du personnel bilingue au moment de la visite.

L'institutrice a donc eu la bonne idée de communiquer avec le bureau régional du Commissariat aux langues officielles à Winnipeg. Un agent de ce bureau est intervenu auprès des responsables de la base de Shilo et, bien que cette base ne soit pas désignée bilingue aux fins du service au public, il fut convenu que la visite se déroulerait en français. Ainsi fut fait, à la grande satisfaction des élèves francophones.

Avec de la bonne volonté de part et d'autre, il y a souvent moyen de trouver des solutions.

Prix Léon du Leadership

Chaque année, le Prix Léon du Leadership rendra hommage à un dirigeant ou à une dirigeante d'une institution assujettie à la Loi sur les langues officielles qui s'est démarqué par son leadership pour promouvoir la dualité linguistique et mettre en oeuvre la Loi au sein de son institution. Pour en savoir davantage sur le prix et sur les critères de sélection, visitez la section Galerie des réussites de notre site Web, www.ocol-clo.gc.ca.

La commissaire aux langues officielles, Dyane Adam, a remis le Prix Léon du Leadership pour l'année 2001-2002 au statisticien en chef du Canada, Mr Ivan P. Fellegi, le 10 décembre dernier.

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Prix de l'Association canadienne de traductologie

Le Commissariat est associé au Prix de l'Association canadienne de traductologie (Vinay-Darbelnet) qui reconnaît tous les deux ans la meilleure thèse de doctorat dans le domaine de la traductologie. Lors de la Journée mondiale de la traduction, le 30 septembre dernier, l'Association canadienne de traductologie a décerné le prix 2002 à monsieur Malcolm Williams, de l'Université d'Ottawa, pour sa thèse intitulée An Argumentation-Centred Approach to Translation Quality Assessment. Sur la photo, on aperçoit de gauche à droite : monsieur Benoît Léger de l'Université Concordia, madame Diane Rioux qui représentait le Commissariat aux langues officielles et le lauréat, monsieur Malcolm Williams.

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Ça se vit au quotidien

D'aucuns croient que les grandes politiques gouvernementales ne nous touchent pas de façon individuelle ni quotidienne. Ce n'est pas le cas lorsqu'il s'agit de l'édification de notre infrastructure sociale, qui situe le Canada à l'avant-garde des sociétés modernes.

On se souviendra que le Conseil fédéral-provincial-territorial des ministres sur la refonte des politiques sociales réalise présentement l'examen de troisième année de l'Entente-cadre sur l'union sociale canadienne. Quelle importance cette entente-cadre revêt-elle? Une importance capitale, en raison de la portée des enjeux auxquels tente de répondre la gamme des programmes gouvernementaux à caractère social.

Dans un mémoire présentant ses vues à ce sujet, qu'elle a adressé à l'honorable Jane E. Stewart et à l'honorable Peter G. Christie, coprésidents du Conseil précité, la commissaire déplore que l'entente-cadre ne fasse aucune mention de la dualité linguistique. À son avis, une telle omission risque d'avoir des effets pour le moins néfastes sur la cohésion sociale du pays en nuisant à la progression vers l'égalité réelle du français et de l'anglais et en affaiblissant la vitalité des communautés minoritaires de langue officielle. Par exemple, cette omission s'est transposée dans d'autres ententes, tel l'Accord sur le développement de la petite enfance conclu en septembre 2000. Madame Adam est très explicite en affirmant que « l'union sociale canadienne se vit au quotidien en français et en anglais. Elle touche tous les secteurs de l'activité sociale, dont la santé, les services sociaux, l'immigration, la culture, la condition féminine, le développement du marché de travail, le développement des ressources humaines, la pauvreté en général et des enfants en particulier, les aînés, les services de garde, l'habitation, l'environnement, le développement rural, le développement du Nord et l'alphabétisation ».

Madame Adam invite les responsables à ajuster le tir. Elle leur rappelle qu'il est indispensable que l'Entente-cadre sur l'union sociale soit modifiée de manière à bien refléter la dualité linguistique canadienne et le principe constitutionnel non écrit du respect et de la protection des minorités. La commissaire croit que des mesures de mise en oeuvre appropriées doivent y être précisées, car les langues officielles se situent au coeur même des valeurs qui sous-tendent l'État canadien.

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Une fédération à l'avant-garde

Être à la fine pointe de la condition féminine, voilà comment l'on pourrait définir l'objectif principal de l'organisme vigilant, engagé et efficace qu'est la Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises (FNFCF). La commissaire a eu l'occasion de rencontrer dernièrement la présidente de l'organisme, madame Rose-Aimée Haché, ainsi que la directrice générale, madame Brigitte Duguay. L'échange a porté sur les grands projets que la Fédération compte réaliser à court et à long terme.

Madame Adam a profité de l'occasion pour discuter des besoins spécifiques que vivent les immigrantes francophones. Dans le mémoire qu'elle a présenté au Comité directeur Citoyenneté et Immigration Canada, la FNFCF avait soumis une série de recommandations qui vont dans le même sens que celles proposées par la commissaire dans l'étude L'immigration et les langues officielles : Obstacles et possibilités qui se présentent aux immigrants et aux communautés. Madame Adam a félicité les responsables de la FNFCF non seulement de leur apport considérable à la communauté, mais également de la priorité qu'elles accordent aux problèmes auxquels sont confrontées les femmes immigrantes. La FNFCF réalise présentement un projet intitulé Place aux femmes qui vise un rapprochement entre femmes canadiennes-françaises et immigrantes francophones. La Fédération a également prévu un programme de stages, d'ateliers et de séances de travail à l'intention des femmes immigrantes afin de les aider à acquérir de l'expérience en vue de futurs emplois.

La FNFCF a mis la commissaire au courant de plusieurs autres dossiers prioritaires, dont ceux de la violence contre les femmes et de la condition des sans-abri. Madame Adam s'est montrée fort intéressée à la création, par la Fédération, d'un site Internet qui ferait connaître tous les services en français dans le domaine de la violence contre les femmes, sous toutes ses formes. De concert avec Industrie Canada, Communication Canada et Développement des ressources humaines Canada, l'organisme est sur le point de mettre sur pied divers projets de collaboration en vue de créer des activités de sensibilisation, d'information et de prestation de services aux femmes au moyen des nouvelles technologies. L'organisme entreprend également la réalisation d'une vaste étude nationale subventionnée par Condition féminine Canada qui tracera le profil socio-économique des femmes francophones en situation minoritaire. Au cours de la rencontre, il fut aussi question d'assimilation, d'exogamie et de la juste répartition des fonds gouvernementaux aux communautés de langue officielle en situation minoritaire, notamment aux organismes féminins.

À la suite d'un fructueux échange d'idées et de suggestions, madame Adam n'a pas manqué de féliciter la FNFCF qui sait si bien traduire ses principes en gestes concrets qui contribuent à améliorer la condition des femmes francophones du Canada. Elle se réjouit face à l'émergence d'une coalition nationale prônée par la Fédération. Selon madame Adam, la FNFCF est une richesse unique qui contribue grandement au développement de la société canadienne. Comme le disait si bien Simonne Monet-Chartrand : « Chaque femme est une personne-ressource »*. Appliqué à un organisme comme la FNFCF, cela exprime une grande vérité.

* Ma vie comme rivière, Tome 4, p. 326.

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Un nouveau centre de référence

Un nouveau centre de référence, celui de l'Heritage Lower St. Lawrence (Héritage du Bas-Saint-Laurent), a récemment été inauguré à Métis-sur-Mer, au Québec, en présence de la représentante de la commissaire aux langues officielles au Québec, Eva Ludvig. Les bureaux du centre sont logés dans l'édifice de l'école anglophone de Métis-sur-Mer, la Métis Beach School.

L'Heritage Lower St. Lawrence, qui a récemment obtenu le soutien financier de Patrimoine canadien, est l'une des vingt associations anglophones au Québec formant le Quebec Community Groups Network (Réseau des groupes communautaires du Québec). Cette association est au service de la petite population anglophone clairsemée du Bas-Saint-Laurent. La plupart de ses membres sont de Métis-sur-Mer ou des environs, mais certains habitent aussi loin que Mont-Joli, Rimouski, Rivière-du-Loup, Trois-Pistoles, Cacouna et Bic. Lors du recensement de Statistique Canada en 1996, les 890 anglophones du Bas-Saint-Laurent représentaient 0,5 % de la population de la région.

Heritage Lower St. Lawrence espère servir de centre de référence et se faire l'avocate des causes qui comptent pour la communauté anglophone, comme la préservation de la Metis Beach School, seule école anglophone dans la région. L'association travaillera aussi à assurer les services en anglais à la communauté de la nouvelle municipalité de Métis-sur-Mer, qui est issue de la fusion récente de Métis-sur-Mer ­ ou Métis Beach, dont la Charte de la langue française du Québec reconnaissait le statut bilingue ­ et de la municipalité voisine, Les Boules.

L'association s'efforce aussi de renforcer les services de la radio anglaise de Radio-Canada dans la région et prépare un site Web ainsi que des publications pour documenter l'histoire des communautés d'expression anglaise de la région. En plus, Heritage Lower St. Lawrence est fière de travailler sur un projet d'histoire vivante en collaboration avec la télévision communautaire de La Mitis.

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La diversité canadienne : dans quelles langues?

Vous connaissez bien le Canada? Sans aucun doute. Mais si on vous posait les questions suivantes qui portent sur une réalité canadienne très actuelle, que répondriez-vous?

  1. Le Canada accueille chaque année...
    • entre 50 000 et 100 000 immigrants
    • entre 200 000 et 250 000 immigrants
    • entre 500 000 et 550 000 immigrants
  2. La politique d'immigration a toujours favorisé le maintien d'un équilibre entre la population francophone et la population anglophone du pays.
    • Oui
    • Non
  3. Toutes proportions gardées, la population francophone compte...
    • deux fois plus d'immigrants que la population anglophone.
    • la même proportion d'immigrants que la population anglophone.
    • moins du quart des immigrants présents dans la population anglophone.

Les réponses sont données à la fin de cet article, et ces dernières sont également les thématiques abordées dans une nouvelle étude* réalisée par le Commissariat aux langues officielles. Le document relate le vécu des immigrants au cours de leur processus d'établissement et d'intégration dans une communauté minoritaire de langue officielle. Publié en novembre 2002, il présente une série d'approches que les gouvernements doivent adopter afin que les communautés minoritaires de langue officielle deviennent des partenaires à part entière dans le cadre du processus d'immigration. Lors de la parution de l'étude, la commissaire a déclaré : « La dualité linguistique, tout comme la diversité ethnoculturelle de notre population, sont au coeur de notre identité canadienne. Je crois que le fait d'avoir deux langues officielles a permis aux Canadiens et aux Canadiennes de développer la sensibilité et le respect nécessaires à l'accueil des personnes d'origines diverses. Si nous voulons que les fondements de notre pays demeurent toujours aussi solides, la diversité canadienne doit être visible et s'exprimer pleinement dans les deux langues officielles ».

Une situation préoccupe la commissaire : chez les anglophones, une personne sur cinq est immigrante, alors que chez les francophones, seule une personne sur 20 est née à l'étranger. Madame Adam considère qu'il est urgent que le gouvernement prenne des mesures qui assureront que tous les Canadiens et les Canadiennes profitent équitablement de l'immigration. Ces mesures sont d'autant plus urgentes que l'immigration est maintenant le facteur qui contribue le plus à la croissance de la population canadienne.

La commissaire soumet des recommandations pratiques relativement à la sélection, à l'établissement et à l'intégration des immigrants. De plus, l'étude se penche sur la question de l'identité et du sentiment d'appartenance à la communauté minoritaire de langue officielle. Elle rappelle que pour être en mesure de contribuer pleinement à la communauté, il est essentiel que les immigrants s'y sentent inclus. Madame Adam préconise un dialogue plus poussé entre les nouveaux arrivants et les membres établis des communautés francophones. Elle souhaite qu'il en résulte de nouvelles communautés de personnes aux profils très différents mais pour qui la langue française est un dénominateur commun. Chaque groupe composant ces nouvelles communautés pourrait néanmoins conserver les aspects fondamentaux de ses origines.

On notera que dans cette étude, la commissaire a accordé une attention particulière non seulement aux communautés francophones à l'extérieur du Québec, mais également aux communautés anglophones minoritaires de cette province. Elle fait remarquer que si la communauté anglophone de la région de Montréal compte beaucoup d'immigrants, en région rurale par contre, on n'a pas toujours réussi à attirer et à conserver des immigrants d'expression anglaise.

Madame Adam s'est dite très intéressée par l'étude sur l'immigration francophone que la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a réalisée dans le cadre du mandat du Comité directeur Citoyenneté et Immigration Canada. Tout comme l'étude du Commissariat le signalait, le document de la FCFA révèle que si de nombreux immigrants désirent vivre en français à l'extérieur du Québec, les ressources nécessaires à leur intégration ne sont pas toujours disponibles en français.

Madame Adam souhaite ardemment que le gouvernement s'inspire de ces deux études afin que l'immigration soutienne davantage le développement et l'épanouissement des communautés minoritaires de langue officielle. En d'autres mots, le gouvernement se doit d'agir : « Un solide leadership de la part du gouvernement fédéral permettra que la diversité qui caractérise notre pays soit clairement reflétée dans ses deux grands groupes linguistiques », a précisé la commissaire.

*  L'immigration et les langues officielles : Obstacles et possibilités qui se présentent aux immigrants et aux communautés

RÉPONSES AUX QUESTIONS :

Le Canada accueille chaque année entre 200 000 et 250 000 immigrants, mais la politique d'immigration n'a pas toujours favorisé le maintien d'un équilibre entre la population francophone et la population anglophone du pays. Ce n'est qu'avec la plus récente loi sur l'immigration (juin 2002) que le gouvernement fédéral s'est engagé à soutenir les communautés francophones et anglophones en situation minoritaire par le truchement d'une immigration qui leur soit favorable. Il demeure qu'en ce moment, la population francophone compte moins du quart des immigrants présents dans la population anglophone.

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Rencontre

Chaque été, des jeunes de partout au pays ont la chance d'améliorer leur connaissance de leur langue seconde en allant travailler dans une province autre que la leur. Il s'agit de jeunes qui s'inscrivent au programme Emplois d'été Échanges étudiants parrainé par Patrimoine canadien. La ville de Gatineau (Québec) a accueilli l'été dernier des jeunes provenant notamment de l'Alberta et de l'Ontario qui ont travaillé dans des camps de jour pour enfants. Tout s'y passait uniquement en français. Comme la commissaire aime entendre ce que le public a à dire, et plus particulièrement les jeunes, INFOACTION a demandé à Stéphanie Côté, agente d'information, d'aller rencontrer Max Duerksen de Stoney Creek (en Ontario), ainsi qu'Ashley Geis et Christa Paterson d'Edmonton. À quelques jours de la fin de cette expérience de travail, les jeunes ont bien voulu nous faire part de leurs impressions.

Tout d'abord, ils ont dû s'adapter à une situation bien différente d'une salle de classe, à peu près le seul endroit où ils avaient auparavant entendu ou parlé le français. Cette fois, c'étaient des enfants en vacances qui communiquaient avec eux. Quel ajustement! Mais en même temps, quel enrichissement. Cette expérience a aidé les jeunes stagiaires à découvrir une langue bien vivante, une langue parlée dans un contexte culturel qui leur était nouveau, une ville du Québec où l'on entendait les deux langues officielles un peu partout.

Étant donné que les enfants étaient appelés à jouer le rôle de professeurs, le travail prenait une tournure parfois amusante et toujours très dynamique. Les moniteurs n'avaient jamais eu l'occasion de converser avec des enfants francophones dont le vocabulaire et l'accent diffèrent du français parlé par leurs professeurs en salle de classe. La spontanéité des enfants ne leur permettait pas d'avoir recours à un dictionnaire ni d'effectuer une recherche pour trouver l'expression juste. Et, très souvent, les enfants leur apprenaient de nouvelles expressions.

Comme jamais auparavant, les stagiaires ont saisi l'importance de connaître et de parler les deux langues officielles du Canada. Ils ont compris que l'apprentissage de la langue seconde vise, d'abord et avant tout, la communication. Ils étaient tous d'accord pour dire que cette expérience leur a appris que si les Canadiens et les Canadiennes veulent former un pays réellement uni, ils doivent d'abord se parler. C'est ainsi qu'ils arriveront à mieux se connaître et surtout à respecter leurs différences. En somme, ils ont découvert que les deux grands groupes linguistiques ne sont pas si différents l'un de l'autre. Ils se sentent privilégiés d'avoir vécu ces six semaines qui leur ont permis d'appliquer leurs connaissances, d'améliorer leur français parlé, mais surtout, de s'enrichir en vivant une réalité canadienne qui leur était inconnue.

Vivre dans un milieu francophone, et plus particulièrement communiquer avec des enfants, leur apparaît comme un facteur essentiel au perfectionnement de la connaissance d'une langue seconde. Malheureusement, à leur dire, trop peu de jeunes qui apprennent le français comme langue seconde ont cette chance. Leur expérience à Gatineau a convaincu les stagiaires que le français n'est pas une langue qui se limite à des livres et à une salle de classe. C'est une langue parlée par des millions de personnes au Canada.

En poursuivant notre discussion, nous avons abordé la question des langues officielles en général. Les stagiaires s'interrogent sur la possibilité de parler et de travailler en français au Canada. Ils entendent très peu de français à l'extérieur des salles de classe et avouent que ce n'est pas facile de se motiver à poursuivre l'étude de cette langue. Ils souhaitent que les gouvernements investissent davantage dans l'enseignement du français et de l'anglais comme langue seconde. Ils voudraient également que les universités canadiennes offrent davantage de programmes en français. Très souvent, déplorent-ils, des jeunes qui ont suivi des cours de français, pendant douze ans, n'ont pas la possibilité de faire des études collégiales ou universitaires en français sans devoir « s'exiler », oubliant ainsi ce qu'ils ont appris. Les étudiants ont parlé d'intolérance entre les deux groupes linguistiques qui, selon eux, est souvent causée par un manque de connaissances.

Ces jeunes nous donnent espoir en l'avenir. Demain, ils seront nos leaders et nous n'aurons pas à les convaincre du rôle et de l'importance des langues officielles. Voilà la note d'optimisme que nous a laissée cette rencontre avec trois jeunes de passage.

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Lire pour le plaisir... Come read with me!

Les élèves des écoles élémentaires de langue anglaise du Québec ont l'occasion de participer à un concours du tonnerre. En effet, le 27 janvier dernier, lors des célébrations qui marquaient la Journée de l'alphabétisation familiale, Literacy Partners of Quebec et la Fédération québécoise des associations foyers-écoles, en collaboration avec le Commissariat, ont lancé la première édition du concours COME READ WITH ME!

Le concours vise la promotion de l'alphabétisation par la lecture auprès des jeunes anglophones vivant en situation minoritaire. Il s'adresse à tous les élèves, de la maternelle à la 6e année, inscrits dans une école des neuf commissions scolaires anglophones du Québec ou de la Commission scolaire bilingue du Littoral.

Comment participer? Rien de plus simple. Renseignez-vous auprès de la direction de votre école, ou visitez le site Web suivant : www.nald.ca/lpq/read.htm. Vous y trouvez les règlements du concours ainsi qu'un formulaire d'inscription. Il faut vous inscrire avant le 7 mai 2003. Bonne chance à tous les élèves qui participeront au concours COME READ WITH ME!

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Des chiffres qui lancent un signal

Le 10 décembre dernier, Statistique Canada a diffusé la quatrième vague de données du recensement de la population de 2001 portant sur les changements observés au niveau de la composition des groupes linguistiques au pays et sur les modèles de migration et de mobilité. Ces données présentent aussi les réponses à une nouvelle question posée par Statistique Canada : les langues utilisées « régulièrement » à la maison. Il va sans dire qu'INFOACTION n'a pas la prétention de présenter la myriade de chiffres issue du dernier recensement, pas plus qu'une analyse approfondie des données. Il veut surtout partager avec son lectorat quelques éléments de réflexion et quelques commentaires de la commissaire aux langues officielles.

Quel paysage linguistique Statistique Canada brosse-t-il de notre pays en 2001? Il ressort clairement que le Canada est de plus en plus une société bilingue, voire multilingue. Le nombre grandissant d'immigrants n'ayant ni le français ni l'anglais comme langue maternelle modifie le profil linguistique du Canada.

Comme la commissaire le faisait observer lors de la publication des données, il est évident que le bilinguisme est en plein essor, particulièrement au Québec. Dans cette province, 40 p. 100 de la population se dit bilingue. Chez la population anglophone du Québec, le taux de bilinguisme s'élève à 66 p. 100. Madame Adam croit que le Canada adhère de plus en plus au bilinguisme et au multilinguisme. Si la tendance se maintient, la commissaire espère qu'elle permettra aux Canadiens et aux Canadiennes d'être beaucoup mieux outillés pour faire face à la mondialisation croissante.

En revanche, madame Adam se dit inquiète de constater que, pour la première fois depuis 1990, le bilinguisme décroît légèrement chez les jeunes vivant à l'extérieur du Québec. Elle se demande si cette baisse ne serait pas attribuable à la réduction des budgets gouvernementaux consacrés à l'enseignement de la langue seconde.

La commissaire ne manque pas de constater un léger accroissement du nombre réel de francophones hors Québec ainsi qu'une migration de francophones du Québec vers certaines provinces canadiennes. S'il y a une légère augmentation du nombre de francophones au Canada, leur proportion au sein de la population a quand même diminué. Cela tient au fait que l'immigration vers les communautés anglophones est plus forte. Madame Adam souligne le défi que les communautés francophones en situation minoritaire doivent relever quotidiennement : la saine coexistence, au foyer et à l'extérieur, des deux langues officielles et parfois même d'une troisième langue. En dépit de cette situation, le français est bien vivant au sein de ces communautés et elles font preuve d'une grande vitalité.

Les données révèlent également que la population de langue maternelle anglaise diminue au Québec, tendance qui se maintient depuis le dernier recensement. Madame Adam est préoccupée par cet important recul. Elle espère que le Québec ne perd pas la masse critique essentielle au soutien et à la survie des institutions de la minorité telles les écoles, les organismes culturels, les services sociaux et communautaires, les collèges et universités, etc.

Il faudrait pourtant aller au-delà d'une conception où l'on divise les populations entre francophones et anglophones. Des Canadiens et Canadiennes participent non seulement à l'une ou l'autre de ces collectivités linguistiques mais aux deux simultanément. Le défi est de ne pas comptabiliser ces personnes comme des unités qui sont, soit anglophones, soit francophones, mais d'accepter le fait qu'une personne peut participer, contribuer et consommer dans les deux espaces linguistiques. Apprendre une seconde langue ou participer à un autre groupe linguistique ne se fait pas au détriment du groupe linguistique initial. Si l'apprentissage d'une langue seconde se fait d'une manière additive et non soustractive, il en résulte que la présence des deux langues s'avère un enrichissement et non un appauvrissement pour les deux groupes linguistiques concernés. Ce que les nouvelles données sur la langue de travail démontrent, c'est surtout la complémentarité de l'utilisation de nos deux langues officielles.

Madame Adam décèle dans les données du recensement le signal on ne peut plus clair qu'il est urgent d'agir. Elle souhaite que les nouveaux fonds annoncés dans le plan d'action déposé par le ministre Stéphane Dion donnent le coup de barre nécessaire pour relancer le programme des langues officielles.

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Le gouvernement et l'utilisation de la presse minoritaire

Afin de communiquer efficacement avec la population canadienne, le gouvernement place des annonces dans les journaux. Depuis plusieurs années, le Commissariat aux langues officielles reçoit de nombreuses plaintes dénonçant le fait que, lorsque les institutions fédérales placent des annonces dans les journaux, elles manquent trop souvent de les faire paraître dans la presse officielle minoritaire. En effet, ces annonces ne sont pas toujours publiées dans les journaux de langue anglaise au Québec ni dans ceux de langue française à l'extérieur du Québec. Or, la Loi sur les langues officielles prévoit qu'on le fasse (articles 11 et 30). Pourtant, entre 1998 et 2001, le Commissariat a reçu 850 plaintes relatives à la non utilisation de la presse écrite, soit 20 p. 100 de l'ensemble des plaintes.

À la suite de ces nombreuses plaintes, la commissaire a décidé d'examiner la situation et a publié une étude, en novembre 2002*. Madame Adam reconnaît que le processus de placement publicitaire au gouvernement est complexe et implique plusieurs intervenants. L'étude examine de près la gestion de
ce processus dans quelque vingt institutions fédérales.

Afin que le gouvernement agisse en ce domaine conformément à la Loi sur les langues officielles, l'étude propose une série de recommandations précises qui visent un encadrement efficace du processus. On insiste notamment sur la responsabilité qui incombe à chaque institution fédérale d'élaborer des directives internes claires et cohérentes sur ses obligations en matière de langues officielles, en ce qui a trait à la publicité. Ces directives doivent traiter explicitement des obligations découlant de la Loi : « Il est nécessaire que les institutions fédérales fournissent aux gestionnaires responsables les renseignements et les outils dont ils ont besoin pour respecter leurs obligations en matière de langues officielles dans tous les types de publicité, et qu'ensuite elles contrôlent si les politiques et lignes directrices ont été suivies », a résumé madame Adam.

Au moment de publier l'étude, madame Adam a rappelé que les journaux de langue officielle minoritaire, avec un lectorat de près d'un million de personnes au pays, représentent d'importants outils de communication. Les communautés minoritaires de langue officielle comptent énormément sur leurs journaux pour être informées des actualités relatives à leur collectivité et à l'activité gouvernementale. La commissaire n'y va pas par quatre chemins quand elle incite le gouvernement à agir : « Je m'attends à ce que le gouvernement se conforme sans délai à ses obligations linguistiques en matière de publicité. Il doit améliorer ses processus afin de rejoindre ces communautés et de soutenir les journaux de langue officielle minoritaire en les utilisant comme moyen de communication ». Madame Adam s'est engagée à surveiller de près la suite que le gouvernement donnera aux recommandations de cette étude.

* L'utilisation de la presse de langue officielle minoritaire par les institutions fédérales

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Une première

Il arrive souvent que la commissaire comparaisse devant divers comités parlementaires. En décembre dernier, une de ces comparutions a revêtu un caractère symbolique, c'était pour la toute première fois que la commissaire se présentait devant le Comité permanent des langues officielles du Sénat, créé tout récemment.

L'objet premier de la présentation de madame Adam a été de rappeler au comité les grands constats de son dernier rapport annuel et de présenter les principales pistes d'action du Commissariat. La commissaire a mis l'accent sur l'engagement formel du gouvernement à l'égard de la dualité linguistique, qu'il a renouvelé lors du dernier discours du Trône. Cet engagement redonne espoir à bon nombre de Canadiennes et de Canadiens et il crée de légitimes attentes. Le plan d'action présenté par le ministre Dion sera la pierre angulaire de la relance du programme des langues officielles du gouvernement. Lors de sa comparution, la commissaire a précisé que le plan devait s'accompagner de ressources financières adéquates, ce qui illustrera la volonté du gouvernement à traduire en gestes son engagement envers les langues officielles. « Je me dois de demander au gouvernement de ne pas se limiter à des réformettes sporadiques sans cohésion ni finalité. Une fois de plus, je l'exhorte à se doter d'une vision d'ensemble assortie d'objectifs précis. Cette vision à long terme doit comporter des échéances et des mécanismes d'évaluation de résultats qui assureront le succès de la mise en oeuvre de son plan d'action », a-t-elle déclaré.

Rappelant aux membres du comité sa satisfaction quant aux résultats d'un récent sondage qui démontrent que les fonctionnaires fédéraux appuient fortement les grands principes des politiques linguistiques du gouvernement, elle souligne le fait qu'un changement de culture s'impose et que l'exemple doit venir d'en haut. Ce changement de culture passera forcément par la modernisation de la fonction publique, qui devra :

  • accroître l'obligation de rendre compte de la haute gestion fédérale en redéfinissant le cadre de gouvernance des langues officielles;
  • valoriser le bilinguisme comme compétence de base;
  • nommer aux postes bilingues des personnes qui connaissent les deux langues officielles (dotation impérative);
  • réorienter la formation linguistique;
  • mettre l'accent sur le bilinguisme réceptif.

Madame Adam a donné aux membres du comité de nombreux exemples de la manière dont elle exerce un rôle de vigie de façon structurée et constante. Elle agit ainsi de façon préventive en intervenant dès l'étape de l'élaboration des lois, des règlements, des politiques et des programmes en matière de langues officielles. Elle a exercé ce rôle dans divers dossiers touchant de nombreux secteurs d'activité dont la santé, l'activité physique et le sport, la radiodiffusion (y compris le sous-titrage et la transmission des débats parlementaires), la nouvelle loi sur la citoyenneté, sur l'immigration, etc.

Avant de conclure, madame Adam a invité les membres de ce comité permanent du Sénat à se pencher plus particulièrement sur le plan d'action du gouvernement, l'étude sur L'État des lieux du ministère de la Justice qui examine la disponibilité des services judiciaires dans les deux langues officielles, la modernisation de la fonction publique, la situation des langues officielles dans les sociétés d'État et autres institutions assujetties à la Loi sur les langues officielles. Elle souhaite qu'on réussisse à créer la synergie nécessaire afin d'avancer vers un but global, celui d'amener la population canadienne à reconnaître à juste titre la dualité linguistique comme une valeur fondamentale du Canada. Réitérant aux membres du comité sa plus entière collaboration, madame Adam s'est dite heureuse de pouvoir compter sur leur appui.

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On s'inspire de l'expérience canadienne

Le Canada n'est pas le seul pays au monde qui assure l'égalité d'au moins deux langues officielles. Le gouvernement de la République d'Irlande étudie actuellement un projet de loi visant la promotion et la protection de la langue irlandaise. Cette langue nationale et historique est étroitement liée à l'identité irlandaise, bien qu'elle ne soit parlée que par 5 p. 100 de la population.

En janvier dernier, la commissaire aux langues officielles s'est rendue à Dublin, à la suite de l'invitation du Comhdháil Náisiúnta na Gaeilge, un organisme qui réunit les associations bénévoles et communautaires de langue irlandaise. Étant donné que le gouvernement irlandais se propose d'adopter des mesures législatives en matière de langues officielles, l'organisme a demandé à madame Adam de venir lui faire part de l'expérience canadienne dans ce domaine. Ce projet de loi irlandais s'inspire grandement de la Loi sur les langues officielles du Canada. Le gouvernement irlandais propose même la création d'un poste de commissaire aux langues officielles. Il s'agirait d'ailleurs du premier poste du genre à exister en dehors des frontières canadiennes. La commissaire a donc expliqué son rôle, son mandat, les droits linguistiques des Canadiens et Canadiennes, de même que les obligations des institutions publiques à cet égard.

Lors de sa visite, la commissaire a rencontré le ministre responsable de la promotion de la langue irlandaise. Madame Adam a également accordé plusieurs entrevues aux médias irlandais.

Dans un discours prononcé à Dublin, la commissaire a expliqué que la reconnaissance de l'égalité de statut de l'anglais et du français comme langues officielles fait maintenant partie des valeurs partagées par les Canadiens et Canadiennes et que la dualité linguistique est le ciment de notre cohésion sociale. Elle a insisté sur le fait que les Canadiens et Canadiennes reconnaissent maintenant l'existence d'un lien étroit entre la valorisation du français et de l'anglais comme langues officielles et notre capacité de bien gérer la diversité croissante de notre pays.

C'est avec une certaine fierté qu'à la lumière de plus de trente années d'expérience canadienne, madame Adam a pu soumettre des suggestions d'ordre pratique aptes à assurer la mise en oeuvre de mesures législatives en matière de langues officielles en Irlande. Pour leur part, ses interlocuteurs irlandais n'ont pas manqué l'occasion de souligner que l'expérience canadienne dans le domaine du respect des droits linguistiques les inspirait grandement.

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Prix du Commissariat aux langues officielles - Meilleur reportage

Le 12 novembre dernier, Bianka Bernier, Marjorie Brisson, Stéphanie Godbout, Ève Marier-Marceau et Catherine Vermette ont reçu une bourse de 1 000 $ du Commissariat aux langues officielles, pour avoir remporté le premier prix lors d'un concours de reportages organisé dans le cadre des Rendez-vous de la Francophonie 2002. Ces étudiantes de l'École secondaire Saint-Charles (Québec) ont participé à un échange étudiant à Regina avec 14 autres élèves de leur école.

À la suite de cet échange, elles ont réalisé un reportage traitant des différences entre les jeunes québécois et les jeunes fransaskois. Le texte de ces cinq étudiantes était empreint d'émotion et de dynamisme et il reflétait fort bien la situation des jeunes francophones vivant en situation minoritaire en Saskatchewan.

Nos cousins américains

Neuf de nos cousins américains, provenant de différentes régions des États-Unis, incluant un étudiant venant de la France, âgés entre 25 et 55 ans, ont rendu une agréable visite à notre bureau régional du Québec, l'été dernier. À gauche : M. Carlos del Burgo, Professeur, Département des Langues et Traduction, Université McGill et huit étudiantes du Monterey Institute of International Studies.

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Les guichets uniques : une voie prometteuse

Le 28 janvier dernier, la commissaire aux langues officielles, madame Dyane Adam, a publié une étude* qui examine les réseaux de guichets uniques mis sur pied par le gouvernement fédéral pour donner accès à des renseignements sur ses divers programmes et services.

Elle estime qu'il s'agit d'une initiative qui représente une voie prometteuse et a déclaré : « Les guichets uniques sont une nouvelle façon de servir le public canadien en regroupant les services du gouvernement fédéral et, parfois de plusieurs ordres de gouvernement ou du secteur privé, en un seul endroit. Je crois que ce modèle peut être un bon outil pour améliorer la qualité des services offerts dans les deux langues officielles par rapport à la situation déficiente qui prévalait dans plusieurs régions du pays lors des dernières vérifications du Commissariat. »

Jusqu'à présent, le gouvernement fédéral a mis en place deux importants réseaux de guichets uniques. Tout d'abord, le réseau des Centres de services aux entreprises du Canada (CSEC), qui résulte d'un accord de coopération entre 37 ministères, les gouvernements provinciaux et territoriaux et, dans certains cas, le secteur privé et les milieux universitaires. Il se compose de 13 centres principaux, soit un dans chaque province et chaque territoire, et d'un vaste réseau formé de 382 partenaires d'accès régionaux installés dans de petites collectivités d'un bout à l'autre du Canada. L'autre grand réseau regroupe les 229 centres d'accès de Service Canada (CA-SC) pour le service en personne et est appuyé par le service téléphonique 1 800 O-Canada et le site Web du Canada.

Madame Adam est d'avis que pour les citoyens et citoyennes, les guichets uniques comportent des avantages certains. Ces avantages sont encore plus évidents pour les membres de communautés de langue officielle en situation minoritaire, les guichets uniques leur permettent d'avoir plus facilement accès à une gamme de services dans leur langue sans devoir consulter d'autres sources, dont certaines pourraient être incapables de les aider dans leur langue.

La commissaire cite en exemple les centres de services aux entreprises fédéraux situés au Nouveau-Brunswick et au Québec (Info entrepreneurs) qui offrent un niveau exemplaire de services bilingues. Au Manitoba, deux centres d'accès en personne ont ouvert leurs portes en 2002, à Saint-Boniface et à Saint-Pierre-Jolys. En plus d'offrir les services des trois ordres de gouvernement dans les deux langues officielles en un seul endroit, ces centres sont des espaces publics où les francophones peuvent utiliser leur langue en milieu de travail.

Dans cette étude, la commissaire formule à l'intention du gouvernement fédéral plusieurs recommandations pour que les réseaux de guichets uniques respectent pleinement la Loi sur les langues officielles. Elle incite les instances gouvernementales à prendre les moyens nécessaires pour assurer le succès de cette initiative en ces termes : « J'encourage fortement le gouvernement à investir les ressources nécessaires dans le maintien à long terme et l'amélioration de ce modèle qui offre de nombreux avantages. En adaptant les guichets uniques aux besoins locaux et régionaux, le gouvernement contribue au respect de son engagement de favoriser l'épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada. »

* Les réseaux de guichets uniques du gouvernement du Canada

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Avant le point final, la parole... à la Commissaire

En s'adressant aux parlementaires, la commissaire a déploré le fait qu'à l'heure actuelle, les sous-ministres sont exemptés des mesures linguistiques qui, par contre, s'appliquent à certains gestionnaires de la fonction publique.

« Il est paradoxal que le gouvernement exige le bilinguisme pour ses cadres mais ne le fasse pas pour ceux et celles qui sont à la tête de l'administration fédérale. Dès leur entrée en service, les nouveaux membres de la haute fonction publique devraient être informés des exigences de la Loi sur les langues officielles et des valeurs qui la sous-tendent. Il est essentiel de les orienter et de les préparer à gérer le programme des langues officielles. Il faut qu'ils soient conscients qu'ils sont les premiers responsables d'assurer l'intégration de ces valeurs à la culture organisationnelle de leur institution. Bref, ils doivent donner forme à l'engagement du gouvernement envers l'égalité de statut et d'utilisation des deux langues officielles et envers les droits des employés de travailler dans la langue de leur choix. »
Présentation devant le Comité permanent des langues officielles de
la Chambre des communes, le 9 décembre 2002.

« Une grande partie de la diversité du Canada est le résultat de l'immigration. C'est pourquoi il est important de rappeler que, en juin dernier, une nouvelle loi sur l'immigration est entrée en vigueur. Elle signalait la plus importante transformation de nos politiques d'immigration depuis 25 ans. Je suis heureuse de constater que la nouvelle loi concrétise plusieurs des recommandations que j'avais proposées au Parlement et au ministre de l'Immigration. Pour la toute première fois, le gouvernement du Canada s'engage explicitement à soutenir l'épanouissement et le développement des communautés minoritaires de langue officielle, par l'entremise de l'immigration. Le ministre Denis Coderre se rend compte qu'il est important que tous les Canadiens et les Canadiennes profitent de l'immigration. L'une de ses préoccupations les plus connues est que les immigrants s'installent en plus grand nombre à l'extérieur des trois grands centres urbains du Canada. Mais il est également soucieux de mieux répartir les immigrants entre les communautés de langue officielle du Canada. C'est d'autant plus important que les Canadiens de langue française, au Québec et dans les autres provinces, ne reçoivent qu'un quart des immigrants qu'ils devraient recevoir compte tenu de leur poids démographique. »

« Mon commissariat, de son côté, a participé à l'organisation et à la tenue des 3 000 cérémonies de citoyenneté qui ont lieu chaque année au Canada. Grâce à cette participation, nous espérons rendre ces cérémonies encore plus spéciales et y célébrer notre dualité linguistique avec l'extraordinaire diversité d'immigrants qui se joignent à la famille canadienne à cette occasion. »

« Pour que les assises de la dualité et de la diversité continuent de fructifier, il faut deux ingrédients fondamentaux : nous avons besoin de l'engagement de nos différents ordres de gouvernement, mais nous avons également besoin de développer un état d'esprit qui nous permettra de reconnaître et de comprendre l'interdépendance entre les langues officielles et le pluralisme. L'avenir appartient aux collectivités qui accueillent tous ceux qui veulent s'y associer. »

Allocution prononcée lors de la conférence sur
La gouvernance de la diversité au Canada : bilan et perspectives,
tenue à Montréal, le 23 janvier 2003.