Section 2 : Allocutions des conférenciers

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Dans son allocution d'ouverture, Son Excellence John Ralston Saul a affirmé que la première phase du bilinguisme canadien a connu beaucoup de succès. On doit maintenant passer au deuxième acte pour consolider les gains. Il n'est pas nécessaire que chaque personne devienne bilingue, mais il faut constituer une masse critique composée notamment d'artistes et de gens d'affaires.

Tous les Canadiens et les Canadiennes devraient avoir la possibilité de devenir bilingues, mais il y a à cet égard divers obstacles à surmonter. L'un de ces obstacles—qui nous empêche de devenir une nation bilingue—est le manque de compréhension de la valeur réelle de la maîtrise d'une deuxième langue. Les gens sont devenus obsédés par les aspects politiques du bilinguisme et ne se rendent pas compte des avantages économiques d'une deuxième langue dans le marché mondial actuel. Il faut démontrer les avantages du bilinguisme sur le plan économique.

Nous devons aussi freiner la décroissance des effectifs scolaires en langue seconde, sinon l'objectif gouvernemental ne pourra être atteint. Nous devons combler les besoins en personnel enseignant. Nous devons nous assurer que les diplômés des écoles secondaires puissent poursuivre au niveau postsecondaire leur formation en langue seconde. « Le bilinguisme et le biculturalisme doivent occuper une place de plus en plus grande dans les universités et collèges canadiens. Sans cela, ce sera 30 ans de progrès en bilinguisme de perdus », a-t-il dit.

(Les discoursSite du gouvernement de Son Excellence John Ralston Saul sont affichés dans le site Internet.)

Pour l'honorable Denis Coderre, alors ministre responsable de la Francophonie, « les deux langues sont une partie de notre identité ». L'apprentissage des deux langues est aussi important que la formation dans le domaine des affaires. Le bilinguisme donne au Canada une grande crédibilité sur le plan international. Avoir accès à la Francophonie constitue un avantage certain. Le gouvernement canadien doit donner l'exemple dans la fonction publique. Il est important de fournir aux jeunes de l'espoir et de l'encouragement. Nous devons aussi faire la promotion du bilinguisme auprès des Premières nations. Le succès du bilinguisme repose sur une bonne stratégie de communications. Le message est : « Le bilinguisme est un avenir vivant. » Pour réussir, il faut de la volonté. « Si le bilinguisme doit fonctionner, c'est à nous de voir à ce que cela arrive », a-t-il conclu.

L'honorable Lyle Oberg, ministre de l'Apprentissage de l'Alberta, lui-même unilingue, a dit souhaiter que ses enfants ainsi que les autres enfants albertains soient bilingues. Pour ce faire, il faut unevolonté politique et celle-ci existe en Alberta, a-t-il dit. Lorsqu'il est devenu ministre de l'Apprentissage en 1998, il a voulu savoir ce que pensait la population albertaine du déclin des inscriptions dans les programmes d'enseignement bilingue. Il a conclu que ses concitoyennes et concitoyens étaient conscients de l'importance du bilinguisme pour des raisons liées à la culture et aux affaires. Pratiquement tous souhaitent que leurs enfants apprennent une langue seconde. En Alberta, l'apprentissage d'une langue seconde est devenu obligatoire. Le but visé est que les élèves de 12e année atteignent le niveau intermédiaire. Le défi est particulièrement grand dans les régions rurales, mais l'objectif du gouvernement est ferme. Le français est important, mais d'autres langues, telles le cri, le mandarin, l'espagnol ou l'allemand, feront aussi partie du programme.

L'honorable Pierre Pettigrew, alors ministre responsable des langues officielles, a réitéré l'engagement du gouvernement fédéral énoncé dans le Plan d'action pour les langues officielles. Le Plan d'action constitue la prochaine étape dans les efforts du Canada pour atteindre la dualité linguistique, a-t-il dit. La société civile doit s'engager dans la réalisation des objectifs ambitieux du Plan d'action. Il faut mettre en valeur la contribution importante du bilinguisme pour renforcer l'avenir du Canada.

M. Pettigrew a confirmé l'importance de la collaboration intergouvernementale et de l'engagement de tous les secteurs de la société canadienne pour atteindre l'objectif. Il faut bâtir des ponts entre l'école secondaire et les études supérieures et augmenter le nombre d'heures consacrées à l'enseignement de la langue seconde. Le bilinguisme est une qualité importante pour mieux apprécier les autres cultures et une force pour notre avenir collectif. Il correspond aux valeurs de tolérance qui sont au cœur de l'identité canadienne. M. Pettigrew a annoncé que des consultations auprès des intervenants en français langue seconde sont prévues, de concert avec Canadian Parents for French.

(Les discoursSite du gouvernement de M. Pettigrew figurent dans le site Internet.)

L'honorable Madeleine Meilleur, ministre de la Culture et ministre responsable des Affaires francophones de l'Ontario, a affirmé que le Canada a entrepris une transformation fondamentale il y a 30 ans. Notre dualité linguistique nous distingue de la majorité des autres pays. Plus de deux millions d'anglophones se disent bilingues. Par contre, l'assimilation est toujours la plus grande menace à la survie de la communauté francophone de l'Ontario. Le gouvernement de l'Ontario a l'intention de mettre en œuvre plusieurs initiatives, y compris collaborer plus étroitement avec le gouvernement du Québec et devenir membre de la Francophonie. Il ne doit pas se contenter de préserver le bilinguisme; il doit en élargir la portée et convaincre la population de l'importance du bilinguisme pour l'économie. Selon Mme Meilleur, il est essentiel de promouvoir le dialogue et la consultation avec tous les niveaux de gouvernement, les parties intéressées et les francophones de même qu'avec les gens qui croient au multiculturalisme.

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