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Vancouver, le 15 avril 2010

Notes pour une allocution dans le cadre du lancement de l’étude sur les indicateurs de vitalité de la communauté francophone de la Colombie-Britannique


Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Bonjour,

J’ai le plaisir d’être parmi vous aujourd’hui pour présenter les résultats d’une initiative que le Commissariat a menée de très près avec la communauté francophone de la Colombie-Britannique. Il s’agit de la troisième série d’études du genre sur les indicateurs de vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Chacune d’entre elles est unique et adaptée à la situation particulière de la région étudiée.

Ces études sur les indicateurs de vitalité sont nées de deux tendances qui se sont développées au cours des dernières années.

D’une part, les institutions fédérales m’ont indiqué qu’elles avaient besoin d’outils pour leur permettre de favoriser l’épanouissement et d’appuyer le développement des communautés de langue officielle, en plus de faire la promotion de la dualité linguistique. Elles savaient qu’elles avaient cette obligation en vertu de la Loi sur les langues officielles renforcée, mais elles n’avaient pas toujours l’information et la compréhension pratique nécessaire pour avoir une incidence positive sur la vitalité des communautés et en mesurer le succès.

D’autre part, les communautés anglophones du Québec et les communautés francophones d’ailleurs au pays ont pris en compte l’évolution de la société canadienne et du bilan des dernières décennies. Les acquis du passé ont permis un nouvel élan, mais les modèles de développement traditionnels doivent être réévalués. La communauté francophone de la Colombie-Britannique est emblématique de cette évolution.

C’est donc pour aider les communautés et leurs partenaires que les études sur la vitalité ont été mises en chantier. Ce projet ne cherche pas à cibler les communautés dont la situation est meilleure que d’autres, mais plutôt à trouver des indicateurs de vitalité concrets dans des secteurs d’activité précis.

Ces études sur les indicateurs de vitalité visent trois objectifs :

  • Cerner, dans chaque communauté, les clés du succès et les pratiques exemplaires liées à la vitalité;
  • Préparer des modèles logiques indiquant, pour chaque communauté, les activités et les objectifs liés à certains secteurs;
  • Cerner les indicateurs de vitalité, compte tenu des priorités que les communautés se sont elles-mêmes fixées.

Ce dernier point est très important. Dans le cas de la Colombie-Britannique, les chefs de file francophones nous ont demandé d’inclure l’ensemble des régions de la province. Cette approche nous a permis de profiter de la participation d’un grand nombre de personnes travaillant au développement des diverses communautés.

Le portrait qui s’en dégage met en évidence des communautés relativement autonomes et autosuffisantes, souvent organisées autour d’un centre communautaire. La majorité des francophones ne sont pas nés dans la province et une proportion importante d’entre eux sont de nouveaux arrivants au Canada, ou des Canadiens de deuxième génération. Le recrutement et la rétention de nouveaux membres de la communauté représentent une préoccupation généralisée.

La communauté fait preuve d'un haut niveau d'inclusion : encore plus qu'ailleurs, on parle ici d'une « francophonie » au sens large, qui favorise les synergies. La communauté accueille avec plaisir ceux et celles nés dans la province ou ailleurs dont le français est la langue maternelle ou une langue seconde. Des organismes tels Canadian Parents for French sont des partenaires à part entière et ont voix au chapitre.

Cette ouverture transparaît dans les activités de la communauté. Le Festival du bois de Maillardville remporte le succès qu’on lui connaît en partageant le patrimoine francophone de la région avec l’ensemble de la population. La Place de la francophonie qui a élu résidence à l’Île Granville à l’occasion des Jeux olympiques ce printemps a fait connaître le visage francophone du Canada au monde entier.

J’espère que la contribution exceptionnelle des francophones à l’ambiance de fête qui a enthousiasmé tout le monde aux Jeux olympiques donnera un nouvel élan aux relations avec l’ensemble de leurs citoyens et citoyennes. Les francophones de la province ont à cœur d’apporter une contribution unique. Les autorités municipales, le monde politique et les médias auraient avantage à reconnaître pleinement le rôle que joue le fait français, et ce, non seulement dans une perspective historique, mais surtout dans l’évolution d’une société diversifiée et fascinante du côté du Pacifique.

La francophonie de la côte Ouest a donc un potentiel considérable. Notre étude fait cependant état de défis importants.

Si les communautés locales sont autonomes, elles souffrent parfois d’isolement. La taille restreinte de la communauté peut représenter un défi important. En particulier, les services au sein de la communauté reposent sur un nombre relativement restreint de personnes et sur un accès limité aux ressources. Nombreux sont ceux qui ont fait état d’un certain épuisement du personnel de leurs organismes.

Du travail et de nouvelles approches seront nécessaires pour surmonter ces obstacles. Cela signifie également que les institutions mandatées pour les appuyer devront faire preuve du même sens d’innovation. Les communautés de langue officielle sont en transformation; les organismes qui les accompagnent dans leur développement doivent avancer dans la même direction. Afin que la communauté francophone de la Colombie-Britannique prenne en charge son propre développement, elle doit prendre en charge les décisions concernant le développement économique et social de la région. Cependant, la communauté n’est pas pour autant laissée à elle-même. Elle doit pouvoir bénéficier de l’appui des gouvernements provincial et fédéral. Les gouvernements, plus particulièrement les institutions fédérales, doivent demeurer réceptifs aux priorités établies par la communauté, afin de répondre aux besoins de celle-ci et ainsi contribuer à son développement. C’est dans cet esprit que mon bureau a apporté sa contribution par le lancement de cette étude.

La communauté francophone de la Colombie-Britannique connaît ses objectifs : elle bénéficie d’une solide planification stratégique, que cette étude vient enrichir et appuyer. L’étude propose des pistes à explorer et des façons de mesurer le progrès accompli. Elle constitue également un excellent outil de dialogue entre la communauté francophone de la Colombie-Britannique et ses partenaires gouvernementaux. Les acteurs communautaires et les institutions gouvernementales, de leur part, devront s’assurer que les actions individuelles produisent des résultats positifs pour la communauté dans son ensemble.

Je suis fier d’ajouter la contribution du Commissariat à cet effort. Je n’ai aucun doute que la communauté francophone de la Colombie-Britannique continuera à rayonner dans tous les coins de la province et dans l’ensemble du pays.

Merci.