Étienne-Brûlé : 40 ans d’éducation en langue française à Toronto
par Annik Chalifour, Toronto (Ontario)
En plus de l’École Étienne-Brûlé, les écoles suivantes célèbrent toutes leur 40e anniversaire de création cette année.
L’École secondaire Étienne-Brûlé, devenue la plus grosse école du Conseil scolaire de district du Centre-Sud-Ouest (CSDCSO) de la région de Toronto, accueille près de 600 élèves de la 7e à la 12e année. Situé à North York, l’établissement fête cette année 40 ans d’éducation en langue française.
Survol historique
En ouvrant ses portes en 1969, l’École Étienne-Brûlé a été la première école secondaire française à s’établir dans la grande région de Toronto, une étape clé dans l’histoire de l’essor de l’enseignement en français dans la Ville reine.
Au milieu des années 60, l’École secondaire Étienne-Brûlé relevait du Conseil scolaire de North York. Quatre années de lutte ont mené à l’ouverture de l’établissement le 2 septembre 1969 : à la suite de l’adoption du projet de loi 141, un groupe de francophones a exigé d’avoir une école secondaire francophone publique dans la région de Toronto.
Ainsi, 15 salles de classe portatives ont été alors aménagées sur le terrain à l’arrière de l’école secondaire anglaise York Mills Collegiate, située au 490, chemin York Mills. À l’époque, 310 élèves issus de familles francophones établies à Toronto, mais aussi à Oshawa, Georgetown, Burlington et Mississauga, ont formé la première cohorte d’Étienne-Brûlé.
En 1973, l’École a officiellement inauguré son premier bâtiment, toujours situé au 300, chemin Banbury, à North York. La majorité des élèves était d’origine franco-ontarienne; il y en avait aussi du Québec, des provinces de l’Atlantique et quelques-uns de l’extérieur du Canada.
Aujourd’hui, l’École secondaire Étienne-Brûlé est le reflet de la composition fortement diversifiée de la démographie contemporaine de Toronto; les élèves possèdent des origines culturelles multiples.
Contribution au rayonnement de la francophonie
Au cours des années 80, l’École Étienne-Brûlé est rapidement devenue l’un des principaux points de ralliement des francophones à Toronto.
Durant cette période, la vie en français dans la Ville reine s’est épanouie grâce aux établissements francophones existants : entre autres, l’École secondaire Étienne-Brûlé, le campus Glendon de la York University et le Centre francophone de Toronto nommé la « Chasse Galerie » et principalement voué à la promotion des arts et de la culture francophone.
Le fameux « Cabaret des étoiles », présenté annuellement par les élèves d’Étienne-Brûlé, existait déjà en 1980; il se nommait alors « Soirée des étoiles ».
Depuis plus de 30 ans, chaque année, le spectacle offre à plus d’une cinquantaine d’élèves artistes d’Étienne-Brûlé l’occasion d’illustrer leurs talents en chant, danse, musique et théâtre en français devant plusieurs écoles et la communauté francophone de Toronto. L’École accomplit avec brio la promotion des talents artistiques de la jeunesse franco-torontoise.
« Cet événement d’envergure, à la fois éducatif et ludique, a permis et permet toujours aux jeunes de réaliser l’importance de préserver le français et de découvrir la musique francophone », témoigne Yves Desrochers, directeur d’Étienne-Brûlé depuis 2008. M. Desrochers a poursuivi ses études secondaires à l’École Étienne-Brûlé de 1979 à 1984.
Personnalités issues d’Étienne-Brûlé
Plusieurs anciens élèves d’Étienne-Brûlé sont devenus célèbres en se démarquant sur les scènes artistique, culturelle et sportive, notamment Isabelle Routhier, réalisatrice à la radio de Radio-Canada; Chantal Hébert, journaliste en affaires nationales; Réjean Bourdages, scénariste d’images pour DreamWorks Animation; Karina Gauvin, soprano internationale; Émilie Livingston, gymnaste; et Patrick Chan, qui fera partie des athlètes canadiens des Jeux olympiques d’hiver 2010 à Vancouver, en patinage artistique.
« Ces murs ont vu grandir bien des générations, provenant d’une longue lignée d’élèves enthousiastes, fiers et dynamiques comme nous. Nous avons hérité d’eux un esprit vif, une riche diversité et un lieu d’apprentissage de haute qualité », a écrit Allyshia Sewdat, élève diplômée de juin 2008, dans l’édition spéciale du 40e anniversaire du journal étudiant Étienne-Brûlé en direct paru en mai 2009.
La rigueur pédagogique, combinée au menu exceptionnel de la programmation parascolaire de l’École secondaire Étienne-Brûlé, a contribué et continue de contribuer de façon exemplaire à la vitalité francophone de l’Ontario.
Photos
Photo : Archives de l’école secondaire Étienne-Brûlé |