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Bienvenue/Welcome au Canada

Karibuni dans l’Ouest

Karibuni est un documentaire qui retrace les expériences d’immigrants franco-africains dans les provinces de l’Ouest canadien. Au-delà des mots a rencontré Victor Moke-Ngala, réalisateur associé et scénariste de ce documentaire. Voici ses réflexions sur l’intégration des nouveaux arrivants francophones au Canada.

Karibuni
Le documentaire Karibuni, en format DVD, est disponible gratuitement en communiquant avec le Northern Alberta Alliance On Race Relations au ngoudar@naarr.org ou au
780-425-4644, poste 112.

Selon vous, quels sont les plus gros défis pour les immigrants francophones lors de leur première année au Canada?

Selon moi, il existe deux défis importants qui peuvent influencer grandement l’intégration de l’immigrant francophone lors de sa première année au Canada. Le premier défi est de s’orienter afin de trouver rapidement les services et les ressources disponibles. Le second est l’intégration sociale au sens large. Ces deux défis sont déterminants dans la réussite de l’intégration.

Lors de son arrivée au Canada, l’immigrant reçoit des renseignements de plusieurs sources, souvent contradictoires. Il y a les institutions gouvernementales, dont les informations sont officielles et disponibles auprès de la plupart des agences gouvernementales ou communautaires chargées de relayer les programmes des différents paliers de gouvernement : fédéral, provinciaux et municipaux. Malgré la pertinence de leur travail, ces organisations n’aident pas toujours l’immigrant à rebâtir son réseau social.

D’où l’importance des organismes communautaires à caractère ethnique, formés le plus souvent de personnes de même origine ethnique que l’immigrant. C’est au sein de ces groupes que l’immigrant reconstruit son réseau social : les membres partagent souvent la même langue, la même culture, etc. Malheureusement, ces organismes sont souvent mal structurés et ont peu de ressources. De plus, ils ont recours presque exclusivement à des bénévoles, ce qui a des répercutions négatives sur le processus d’intégration de l’immigrant.

L’autre défi demeure l’intégration au sein des communautés francophones locales situées dans un milieu majoritairement anglophone. Ces communautés se sont battues et se battent encore afin de s’établir comme culture distincte ayant des droits linguistiques et culturels. L’arrivée des immigrants est alors trop souvent perçue comme une menace vis-à-vis de ce caractère distinct. Il est donc difficile pour un nouvel arrivant de s’intégrer à ce groupe et l’espoir de s’y créer un réseau social s’assombrit.

En novembre 2007, le Commissariat aux langues officielles a publié un suivi de l’étude Une fenêtre sur le monde : La dualité linguistique dans les relations internationales du Canada. L’étude, originalement publiée en 2004, portait sur la place de la dualité linguistique dans les relations internationales du Canada.

Selon vous, quelle vision les immigrants ont-ils de la vie en français au Canada avant d’arriver ici?

Pour la plupart d’entre nous, immigrants francophones d’Afrique noire, la francophonie canadienne, c’est le Québec et le Nouveau-Brunswick. C’est malheureux, mais c’est la réalité. À mon sens, le gouvernement du Canada déploie peu d’efforts pour faire connaître à l’étranger la présence du français ailleurs au Canada. Ce n’est souvent qu’à leur arrivée au Canada que certains immigrants découvrent qu’il existe des communautés francophones partout au pays. Personnellement et du temps où j’étais en Afrique, je n’avais jamais entendu parler d’une initiative faisant la promotion en Afrique de la francophonie canadienne hors Québec. Mais depuis que je suis en Alberta, et sans doute grâce à mon intérêt envers la question, je suis au courant des missions que la Fédération des communautés francophones et acadienne au Canada (FCFA) organise à l’étranger pour attirer des immigrants francophones dans les communautés francophones hors Québec. Il serait souhaitable que les associations telles que l’Association de la communauté congolaise d’Edmonton ou l’Association multiculturelle francophone de l’Alberta soient associées aux missions de recrutement à l’étranger.

Comment faire pour que les immigrants s’intègrent mieux à la communauté francophone?

Il faut de la volonté de la part des institutions au sein des communautés francophones d’accueil. Beaucoup de volonté. Certes, beaucoup d’efforts ont été faits en termes d’accueil, mais la question de l’intégration socioprofessionnelle des immigrants au sein des communautés francophones mérite d’être soulignée.

Parmi les provinces canadiennes, le Manitoba fait figure de chef de file en matière de recrutement et d’accueil de nouveaux arrivants au Canada. Pour en savoir plus, jetez un coup d’œil à l’article « Agrandir l’espace francophone au Manitoba ».

À votre avis, qu’est-ce que les nouveaux arrivants ont à apporter à la communauté francophone?

Le nombre, la vitalité, la diversité. Le Canada est aujourd’hui un pays diversifié. Les communautés francophones devraient prendre le virage de la diversité en intégrant les personnes de diverses origines qui choisissent de vivre en français. Ces immigrants apportent un sang nouveau autant qu’un nouveau souffle à la francophonie hors Québec.

 


 

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