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Bienvenue/Welcome au Canada

Double défi : jeter l’ancre dans une province bilingue

par Béatrice Seymour, Bathurst (Nouveau-Brunswick)

Entre 2001 et 2006, environ 1,1 million d’immigrants sont arrivés au Canada. La majorité d’entre eux se sont établis dans les régions métropolitaines de Montréal, Toronto ou Vancouver. À eux seuls, ces trois centres urbains ont reçu 68,9 % des immigrants en 2006.

Pour leur part, les quatre provinces de l’Atlantique n’ont accueilli que 1,2 % de tous les immigrants arrivés au Canada entre 2001 et 2006. Conscient de l’apport essentiel de l’immigration pour assurer sa croissance démographique, le Nouveau-Brunswick s’est donné comme objectif d’accroître sa diversité en accueillant au moins 5 000 immigrants par année d’ici 2015. Le défi est de taille : en 2006, la province n’a accueilli que 1 600 nouveaux arrivants.

Secrétariat de la croissance démographique
Le SecrétariatLien autre que le gouvernement du Canada est chargé de favoriser le retour de Néo-Brunswickois dans la province ainsi que d’attirer et d’accueillir les gens qui viennent d’ailleurs au Canada et dans le monde. Il s’occupe de mettre en œuvre les mesures prévues dans Soyez notre avenir, la stratégie de croissance démographique du Nouveau-Brunswick.

Une province mosaïque

Comme le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada, les nouveaux arrivants qui décident d’y élire domicile font face à une situation particulière. En effet, selon leur lieu d’établissement, ils peuvent se retrouver dans un milieu majoritairement soit francophone, soit anglophone, ou encore devoir évoluer dans un environnement plutôt bilingue. Pour se tailler une place dans le marché de l’emploi, la connaissance des langues s’avère souvent déterminante. 

Yong Sang en sait quelque chose. Arrivé de la Corée du Sud en juillet 2007 avec son épouse et leur fils, il s’installe à Moncton, au sud du Nouveau-Brunswick. Deux mois plus tard, il se rapproche de son beau-frère en déménageant à Beresford, une petite ville du nord-est de la province à majorité francophone. Ingénieur informatique dans son pays, Yong Sang n’a toujours pas réussi à dénicher un emploi dans sa nouvelle région. Il se débrouille en anglais, mais ne parle pas français.

« Je veux rester ici pour la qualité de vie, mais c’est dur pour l’emploi. J’ai postulé pour des postes de caissier, et l’employeur me demande toujours si je parle français. Et mes habiletés en anglais ont besoin d’être perfectionnées », constate M. Sang. Afin de mettre toutes les chances de son côté, il prend des cours d’anglais dans un collège, et ses progrès sont manifestes après quelques mois d’études.

Profil des communautés francophones au Nouveau-Brunswick

Préparée par Citoyenneté et Immigration Canada à l’intention des immigrants potentiels, cette page brosse le portrait de la population francophoneLien autre que le gouvernement du Canada du Nouveau-Brunswick.

Une communauté accueillante

Olivia PacaudOlivia Pacaud habite depuis plusieurs années au Nouveau-Brunswick, après un long séjour au Québec. Cette Française d’origine parle quatre langues, ce qui a grandement facilité son intégration sur sa terre d’accueil. Elle, qui ne vivait pratiquement que dans sa langue maternelle au Québec, jongle aujourd’hui avec la langue de Molière et celle de Shakespeare. La chaleur de sa nouvelle communauté l’a profondément touchée. « Il faut que les gens continuent à manifester de la gentillesse comme ça, parce qu’avoir des étrangers est une richesse pour leur communauté. Ça élargit leur vision du monde. Et ces immigrants vont se sentir attirés par eux. Ils vont aimer l’endroit, vont vouloir rester. Que ce soit en anglais ou en français, ils vont se sentir bien », s’enthousiasme Mme Pacaud.

Combattre l’isolement

Beaucoup d’immigrants vivent en marge de la société, acculés à l’isolement parce qu’ils ne maîtrisent pas la langue de leur région d’adoption. Paola Durant, originaire du Chili, essaie de s’adapter à son nouveau milieu de vie à Bathurst, ville bilingue. « Pour mieux m’intégrer dans la communauté, je dois me trouver du travail. En restant à la maison, je me retrouve isolée. En plus, je vais pouvoir améliorer mon anglais et mon français en travaillant », raconte celle qui a appris quelques rudiments d’anglais à Labrador City et de français à Sherbrooke.

Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick

La mission du ConseilLien autre que le gouvernement du Canada consiste à faire connaître aux nouveaux arrivants au Nouveau-Brunswick les services et les organismes qui peuvent les aider à s’intégrer.

Apprivoiser la réalité avant le départ

Selon les intervenants communautaires, les étrangers qui formulent le souhait de s’installer au Canada devraient être mieux informés de la réalité linguistique du pays. « Il est important d’expliquer à l’immigrant que la province est bilingue, et que par conséquent, les gens ont le droit de s’exprimer en français ou en anglais. Ce sera donc difficile de trouver un emploi en étant unilingue. Souvent, c’est mal exprimé, ou l’immigrant le comprend mal quand il est à l’extérieur du Canada et qu’il entreprend les procédures d’immigration », observe Lucile Taillieu, coordinatrice du Centre d’accueil et d’intégration des immigrants du Moncton métropolitain.


 

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