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Retour vers le passé

Keith Spicer : le pionnier

Keith SpicerLe boulot de sa vie

Professeur et journaliste, Keith Spicer devient le premier commissaire aux langues officielles le 1er avril 1970, à l’âge de 36 ans. Cet homme dynamique, qui aime miser sur l'humour et l'ironie pour faire passer ses messages, a tout un défi à relever : mettre en place le Commissariat ainsi que commencer à surveiller et à diriger l’application de la nouvelle Loi sur les langues officielles.  

Quand on l’interroge aujourd’hui sur son travail de commissaire, Keith Spicer affirme : « C’était le boulot de ma vie. Je me sentais joyeux du matin au soir, même aux pires temps, les pires crises, y compris la crise des contrôleurs aériens en 1976, où les pilotes ont menacé [de] faire la grève, et les contrôleurs anglophones et francophones étaient à couteaux tirés. C’était très dangereux. Ça a failli [faire] dérailler […] les Jeux olympiques.* »

Une Loi pourquoi?

Keith SpicerBon communicateur, Keith Spicer consacre beaucoup d’efforts à l’explication de la Loi et de ses objectifs. Il envoie des trousses d’information, prononce des discours et lance plusieurs initiatives de promotion et de publicité. L’un de ses défis consiste à assainir le climat des discussions sur les questions de langue. « Dans tout le pays il y avait beaucoup d’hostilité […] envers cette Loi** », se souvient-il. « Le message que j’ai donné à mes collègues, c’était qu’il fallait atténuer l’aigreur des discussions au pays par nos gestes et nos paroles […], qu’il fallait dire en termes clairs et simples aux gens qui se sentaient menacés ou qui réagissaient avec cynisme, que ce n’était pas
menaçant, que l’objectif premier était de les aider et surtout d’aider leurs enfants**. »

Un homme passionné

« Je parlais de sens commun, d’imagination et de générosité […]. Je parlais d’espoir, non de peur; de franc-jeu; de meilleures possibilités pour nos enfants; de tâcher de comprendre les frustrations de toutes les parties; d’exploiter la promesse que le Canada a faite au monde d’en arriver à une société tolérante fondée sur deux langues internationales. Je parlais de deux langues nationales, comme toujours, non pas comme d’un problème, mais comme d’une occasion. Le fait de croire vraiment à tout cela m’a été d’un grand secours. » [Traduction] — Keith Spicer, Life Sentences: Memoirs of an Incorrigible Canadian, Toronto, McLelland and Stewart, 2004, pp. 98–99.

De la médecine préventive

Keith Spicer juge qu'il peut faire davantage que de simplement recevoir les plaintes des citoyens mécontents. Ainsi, il entreprend de lui-même de faire des vérifications, qu'il appellera ses « études spéciales ». Il en effectuera 80 pendant son mandat. « Les études spéciales, c’était une sorte de médecine préventive. J’avais expliqué cela au premier ministre Trudeau à l’époque. J’ai dit, écoutez, si j’attends que des plaintes m’arrivent, ça va prendre 500 ans!* », raconte-t-il au sujet de la mise en œuvre de la Loi.

Pour en savoir plus, regardez les vidéos :

Le pionnier

L’approche Spicer

The Trailblazer (en anglais seulement)

 

* Citations tirées d’une entrevue réalisée en 2008.

** Paroles prononcées lors du colloque « 40 ans de langues officielles au Canada : Notre histoire et l’avenir », en septembre 2009.



 

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