Une petite école française (fait entendre sa voix) dans le Grand Nord canadien
par Émilie Herdes, Whitehorse (Yukon)
Les gens sont souvent surpris d’apprendre qu’il existe une communauté francophone au Yukon. Pourtant, la communauté franco-yukonnaise, qui compte 1 165 francophones, soit 3,9 p. 100 de la population totale1 du Yukon, est bien vibrante.
La communauté francophone est visible par sa présence et sa contribution. Au Centre de la francophonie, par exemple, une panoplie de services et de ressources en français est disponible. La communauté franco-yukonnaise publie également son propre journal bimensuel, L’Aurore boréale. Et pour se divertir, les options ne manquent pas non plus. Chaque été, lors du Festival du solstice et de la Saint-Jean Baptiste, la communauté se rassemble pour célébrer au rythme de la musique d’artistes franco-canadiens invités. Côté éducation, l’École Émilie-Tremblay offre un enseignement en français aux jeunes francophones du territoire.
L’École Émilie-Tremblay est la seule école de langue française dans tout le Yukon. Fondée en 1984, l’école porte le nom d’une des premières femmes à traverser le col Chilkoot devenu célèbre avec la ruée vers l’or du Klondike (1897-1898). La pionnière de la francophonie yukonnaise était originaire de Saint-Joseph-d’Alma, au Québec.
À ses débuts, dans le sous-sol de l’école Whitehorse Elementary, l’École Émilie-Tremblay comptait 36 élèves regroupés en deux classes. À cette époque, l’école n’offrait pas de cours de niveau secondaire. Mais au fur et à mesure que la population francophone du territoire croissait, ses besoins évoluaient et l’école suivait la tendance. Un quart de siècle plus tard, l’école est bien ancrée dans la communauté avec ses propres locaux inaugurés en 1996. Elle compte aujourd’hui plus de 150 élèves, de la prématernelle à la 12e année. Au fil des ans, l’école a montré à plusieurs reprises sa résilience et sa capacité de s’adapter aux besoins croissants et changeants de l’énergique communauté franco-yukonnaise.
À l’École Émilie-Tremblay, l’apprentissage des jeunes est vaste et varié, allant de la communication dans les deux langues officielles à une introduction aux cultures francophones du monde. La troupe de théâtre Les voyageurs et la troupe de danse folklorique Les souliers dansants permettent aux jeunes de se familiariser avec la culture franco-canadienne de façon amusante. Le dynamisme des programmes scolaires offerts à l’École Émilie-Tremblay est évident. Qu’il s’agisse de sorties de camping aux alentours, de voyages d’échange en France ou de travail humanitaire en Bolivie, les jeunes sont constamment invités à vivre de nouvelles expériences en français et à avoir un regard ouvert sur le monde.
Bref, cette petite école du Grand Nord canadien, avec tout son charme et son caractère, est un pilier de la communauté franco-yukonnaise.
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Photo : École Émilie-Tremblay
1. Source : STATISTIQUE CANADA. 2007. Profil - Langues, immigration, citoyenneté, mobilité et migration, pour le Canada, les provinces, les territoires et les circonscriptions électorales fédérales (Ordonnance de représentation de 2003), produit no 94-577-X2006007 au catalogue de Statistique Canada, Ottawa. |
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