Maxwell Yalden : naviguer en eaux troubles
Une période mouvementée
Quand Maxwell Yalden arrive en poste en 1977, le Canada traverse une période politique tendue où la question linguistique se juxtapose à une crise de l’unité nationale. Le gouvernement du Québec vient d’adopter la Charte de la langue française, qui fait du français la seule langue officielle de la province. Monsieur Yalden écrit, dans son premier rapport annuel, que « si la Charte a eu pour effet de renouveler en quelque sorte la confiance des Québécois francophones dans leur langue, elle a aussi inspiré à la minorité non francophone des sentiments de crainte et d’incertitude à l’égard de son avenir ». C’est sans compter en fait l’inquiétude qu’elle fait naître dans le reste du Canada, une peur renforcée par les discussions sur l’éventualité de l’indépendance du Québec. Dans ce contexte, le commissaire Yalden tente d’apaiser les tensions en faisant en sorte que la dualité linguistique contribue, plutôt qu’elle ne nuise, à l’unité nationale. « C’était une période difficile, il y avait de farouches opposants au bilinguisme** », se souvient le commissaire Yalden.
La Charte et l’enseignement en français
Autre événement d’importance capitale survenu pendant le mandat du commissaire Yalden : l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, qui comporte plusieurs articles qui garantissent et renforcent les droits linguistiques. En plus de consacrer l’égalité de nos deux langues officielles dans la constitution du pays, la Charte a des répercussions majeures pour les communautés de langue officielle. En effet, « la Charte, évidemment, a joué un très grand rôle […], surtout dans le domaine de l’éducation en langue minoritaire française […] en dehors du Québec* », affirme monsieur Yalden. La question de l’éducation dans la langue de la minorité sera d’ailleurs au centre de ses préoccupations tout le long de son mandat.
Le travail d’un commissaire : apaiser les inquiétudes
« Somme toute, nous percevons moins de mésentente, de confusion et d’émotivité que dans le passé. Peu importe les escarmouches linguistiques que nous réserve 1984, nous sommes portés à croire que nos correspondants et lecteurs, sans compter les médias, verront les choses de façons sereine et rationnelle. À notre avis, c’est un gain des plus importants. » Maxwell Yalden, Rapport annuel de 1983
Soutenir les communautés
D’emblée, monsieur Yalden tente d’attirer l’attention sur la situation des communautés de langue officielle et de convaincre les institutions fédérales de les consulter à propos des services à leur offrir. D’ailleurs, aujourd’hui, c’est ce dont il est peut-être le plus fier. « Je dirais que j’ai essayé de façon pragmatique [de] diriger un groupe de gens engagés fermement à la défense et promotion de la langue minoritaire. […] Nous avons, je crois, fait un grand effort pour aider à promouvoir les droits des minorités. Pour moi c’était là la plus grande contribution que j’ai pu faire*. »
* Citations tirées d’une entrevue réalisée en 2008.
** Paroles prononcées lors du colloque « 40 ans de langues officielles au Canada : Notre histoire et l’avenir », en septembre 2009.
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